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A Damas, drapeaux français et espoirs économiques avant la visite de Macron
Sur la route menant de l'aéroport à Damas, les drapeaux français et syriens flottent côte à côte, dans l'attente de la visite du président Emmanuel Macron dont des Syriens espèrent des retombées économiques pour leur pays dévasté.
La présidence syrienne a annoncé dimanche qu'Emmanuel Macron était attendu dans la capitale, sans préciser la date de sa venue, qui sera la première d'un chef d'Etat d'une puissance occidentale depuis la chute de Bachar al-Assad.
"Nous espérons que cette visite marquera un nouveau départ pour la Syrie", dit à l'AFP Fayçal Azouz, un instituteur à la retraite de 76 ans, assis dans un café du centre du Damas.
Il estime qu'elle pourrait "ouvrir de nouvelles perspectives dans les relations économiques, culturelles ou politiques" entre les deux pays.
La Syrie sort épuisée d'une longue guerre civile, à laquelle la prise du pouvoir en décembre 2024 par une coalition islamiste a mis fin.
Depuis, les autorités s'emploient à réunifier le pays morcelé par le conflit et à rebâtir ses institutions.
Le coût de la reconstruction a été estimé à plus de 216 milliards de dollars par la Banque mondiale et les fonds se font attendre, malgré une stabilisation relative de la situation.
- "Pays sûr" -
Pour Diala Akkache, le déplacement d'Emmanuel Macron est "un signe que le pays est sûr".
"Si la Syrie n'était pas sécurisée et stable, aucun président ni responsable étranger ne prendrait le risque de s'y rendre", estime cette couturière de 33 ans.
La visite attendue du président français intervient alors qu'un attentat à la bombe a fait dix morts dans un café de Damas jeudi, illustrant les défis auxquels sont confrontés les nouveaux dirigeants syriens.
Selon la présidence syrienne, le chef de l'Etat français sera accompagné d'une délégation "d'investisseurs et de représentants de compagnies françaises" pour "renforcer la coopération économique".
"Les perspectives sont prometteuses, d'autant que les Français s'intéressent traditionnellement aux grands projets", explique l'économiste Chadi al-Ahmad, évoquant des opportunités dans "les secteurs du pétrole et du gaz, ainsi que la coopération dans le transport maritime".
Les dernières visites en Syrie d'un président français remontent à celles de Nicolas Sarkozy en 2008 et 2009, avant la rupture provoquée par la répression du "printemps arabe" en 2011 par le pouvoir de Bachar al-Assad, qui a dégénéré en un conflit sanglant ayant fait plus d'un demi-million de morts.
L'ambassade de France est fermée depuis 2012, de même que le centre culturel français et l'Institut français du Proche-Orient (IFPO), dont le centre de langue arabe a formé de nombreux diplomates.
"La France cherche naturellement à retrouver son influence dans la région", où elle a été une puissance mandataire sur la Syrie jusqu'en 1946, commente pour sa part le réalisateur Ahmad Malas.
Dans la capitale, de nombreux bâtiments, dont le Parlement, restent témoins de l'époque du mandat français.
"La population syrienne n'éprouve pas d'hostilité envers la France, d'ailleurs beaucoup soutiennent son équipe de foot", souligne ce Franco-Syrien de 46 ans.
"Mais j'espère surtout que cette relation permettra un transfert de l'expérience culturelle française vers la Syrie", dit-il, notant par exemple que la censure n'avait pas entièrement été levée en Syrie.
P.Tamimi--SF-PST