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Séismes au Venezuela: au moins 1.430 morts, 50.000 disparus, l'aide internationale arrive
Au moins 1.430 morts et plus de 50.000 disparus: le bilan du double séisme au Venezuela continue de s'alourdir, alors que l'aide humanitaire internationale commence à parvenir.
Un nouveau-né a été secouru des décombres d'un bâtiment effondré, 32 heures après les deux séismes qui ont dévasté le Venezuela.
Une vidéo obtenue par l'AFP montre des sauveteurs travaillant sous un projecteur au sommet d'un amas de gravas et sortant le nourrisson sous les applaudissements, tard vendredi, à La Guaira.
Une piste de l'aéroport de Caracas a été rouverte et accueille des avions américains transportant de l'aide humanitaire, a annoncé un haut responsable américain samedi, trois jours après le double séisme qui a frappé le Venezuela.
Le nombre de morts est passé à 1.430 samedi, a annoncé le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodriguez. M. Rodríguez, frère de la présidente par intérim du pays Delcy Rodríguez, a fait état de 3.238 blessés.
Les hôpitaux étant débordés après les séismes au Venezuela, ce sont les familles des victimes qui y amènent leurs proches décédés.
Yessica Mendoza a raconté avoir décidé d'emmener sa fille à la morgue "parce que le système est débordé" et qu'à l'hôpital Catia la Mar de La Guaira, "les morts gisaient à même le sol".
Près de sept millions de personnes seraient affectées par les deux séismes, ont estimé samedi les Nations unies.
"Jusqu'à 6,76 millions de personnes pourraient avoir été touchées par les séismes dévastateurs qui ont frappé le Venezuela", dont deux millions rien qu'à Caracas, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Les dommages causés sont évalués à près de sept milliards de dollars, une somme équivalente à environ 6% du pays du pays, évalue le Programme des nations unies pour le développement (PNUD) samedi.
A Genève, le responsable de l'aide humanitaire de l'ONU, Tom Fletcher, a déclaré à l'AFP que plus de 50.000 personnes étaient portées disparues. Le bilan devrait donc "s'alourdir considérablement", dans le contexte "d'une opération de secours extrêmement complexe".
A La Guaira, beaucoup d'immeubles ne sont plus que montagnes de gravats.
Familles, voisins et bénévoles réclament des machines spécialisées pour pouvoir couper les barres d'acier ou déplacer les imposants blocs de pierre.
Marlon Ochoa a survécu à l'effondrement d'un immeuble. "Je cherche ma mère, ma femme et mon fils", dit-il, "nous avons besoin d'aide, il y a des gens vivants".
Lors d'une allocution dans la nuit de vendredi à samedi, la présidente par intérim Delcy Rodriguez, au pouvoir depuis janvier et la capture de Nicolas Maduro par les Etats-Unis, a annoncé que 14.000 militaires et policiers avaient été déployés dans l'État de La Guaira, "militarisé pour garantir la sécurité".
L'AFP avait constaté jeudi des pillages dans cette zone.
- Aide internationale -
Près de 48 heures après les séismes les plus dévastateurs enregistrés au Venezuela depuis 1900, des équipes internationales de recherche et de sauvetage d'au moins 17 pays ont commencé à intervenir dans ce pays en crise, au système de santé en piteux état.
Les Etats-Unis ont annoncé vendredi qu'ils déploieraient une équipe de 250 personnes sur place, après avoir proposé 150 millions de dollars et envoyé deux navires de guerre, des avions de transport et des hélicoptères.
Devant un ensemble de cinq immeubles effondrés à La Guaira, le chef d'un contingent de secouristes chiliens, Nadiomar Polanco, a estimé qu'il y avait "malheureusement (...) peu de chances de retrouver des personnes en vie".
Au moins 28 personnes de nationalité ou d'origine portugaise, sept Chinois, cinq Espagnols, deux Brésiliens, un Chilien et un Italo-Vénézuélien figurent parmi les morts.
- Présidente huée -
A La Guaira, où se trouve le principal aéroport du pays, rendu inutilisable par le séisme, certains habitants tentent de dégager eux-mêmes leurs proches ensevelis.
"Il est là", dit en sanglotant Alessandro del Giudice, jeune homme de 23 ans qui tente de retrouver son père sous une montagne de décombres.
Sa grand-mère Amparo, désespérée, s'efforce de dégager les ruines à mains nues pour retrouver son fils. "Il y a beaucoup de blocs de pierre, on ne peut pas les enlever avec les mains", constate-t-elle avec impuissance.
"Les militaires devraient être là avec toute leur machinerie", dénonce Argenis Méndez, un habitant.
La présidente Delcy Rodriguez a été huée vendredi près d'un immeuble effondré dans un quartier aisé de Caracas.
"Ça suffit de faire campagne au milieu d'une tragédie comme celle que nous vivons", lui ont lancé un groupe de riverains et de proches de personnes prises au piège sous les décombres, a constaté une journaliste de l'AFP.
La dirigeante de l'opposition et prix Nobel de la paix Maria Corina Machado a elle demandé la libération de "tous les prisonniers politiques", civils comme militaires, "pour qu'ils puissent être réunis avec leurs familles en ces heures tragiques".
Les séismes ont été ressentis jusqu'en Colombie et au Brésil. Depuis, plus de 300 répliques ont été signalées. Le Venezuela est un pays à risque sismique, même si aucun grand tremblement de terre n'y avait été enregistré depuis 1997.
W.AbuLaban--SF-PST