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Le centre de rétention "Alcatraz des alligators" de Trump a fermé
Le centre de rétention de migrants "Alcatraz des alligators" a fermé, a annoncé jeudi le gouverneur de Floride, un an après son ouverture par l'administration Trump et de multiples polémiques et recours en justice autour des conditions de détention.
"+L'Alcatraz des alligators+ a rempli aujourd'hui le rôle pour lequel il avait été conçu. Il compte à présent zéro détenu", a déclaré le républicain Ron DeSantis, soutien de Donald Trump, lors d'une conférence de presse sur place.
Le site avait été monté à la va-vite en juin 2025, en une semaine chrono, avec lits superposés, cages grillagées et pavillons de toile blanche, sur un aérodrome abandonné au milieu de la région marécageuse des Everglades, dans le sud de la Floride (sud-est).
Sa situation géographique et une référence à la célèbre île-prison de la baie de San Francisco - que le président américain veut rouvrir - lui avaient valu son surnom.
Le centre de rétention était alors devenu le symbole de la politique migratoire répressive engagée par Donald Trump dès le début de son second mandat.
- Un milliard de dollars -
Au moment de son ouverture, la Maison Blanche avait affirmé que le site pourrait détenir 5.000 personnes, quand les autorités de Floride avaient elles parlé d'un millier de places.
En mai, le gouverneur DeSantis avait estimé que plus de 22.000 personnes étaient passées par le centre.
Son coût de construction et de fonctionnement jusqu'en juin 2026 avait été chiffré en novembre à près d'un milliard de dollars par les autorités de Floride, selon le média indépendant Florida Phoenix.
"Il a aidé à retirer beaucoup, beaucoup de personnes dangereuses des rues et à les sortir non seulement de Floride mais des Etats-Unis d'Amérique", a assuré Ron DeSantis jeudi.
"Les détenus qui y étaient sont toujours en détention fédérale", a-t-il précisé.
La puissante association ACLU de défense des droits a dit dans un communiqué applaudir cette fermeture.
"Le fait que ce site ait jamais existé est un scandale", a déclaré Carmen Iguina Gonzalez, responsable au sein de l'ACLU, qui a dénoncé la "cruauté" derrière sa construction.
Si elle dit célébrer cette fermeture, les conditions cauchemardesques du site de Floride reflètent selon elle "des schémas d'abus systémique dans d'autres centres de détention" à travers le pays.
- "Même un animal..." -
Quand il l'avait visité en juillet dernier, juste avant son ouverture, Donald Trump avait plaisanté sur le fait que les alligators qui peuplent les marécages voisins joueraient le rôle de gardiens bon marché.
"Les serpents sont rapides, mais les alligators... On va leur apprendre comment échapper à un alligator, ok?", s'était-il alors amusé.
Plusieurs migrants détenus dans le centre avaient témoigné auprès de l'AFP de conditions épouvantables.
"Même un animal ne serait pas traité ainsi. C'est de la torture", avait raconté par téléphone depuis le centre Luis Gonzales, expliquant partager une cellule rarement nettoyée avec une trentaine de personnes, dans des conditions caniculaires le jour et glaciales la nuit, parmi des moustiques omniprésents.
Une action en justice avait été intentée contre le centre, arguant que les migrants y étaient privés d'avocat et détenus sans inculpation.
Deux associations environnementales avaient également engagé des poursuites judiciaires, affirmant que le site menaçait l'écosystème fragile des marécages alentour et avait été construit sans étude d'impact environnemental.
Une juge de première instance avait ordonné en août la fermeture du centre de rétention, avant que sa décision ne soit suspendue quelques semaines plus tard par un tribunal d'appel, dans l'attente de l'examen sur le fond.
K.Hassan--SF-PST