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Rubio promet de défendre les intérêts des pays du Golfe dans les négociations avec l'Iran
Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a affirmé mercredi que Washington serait "complètement aligné" avec ses alliés du Golfe dans ses discussions avec l'Iran, alors que les Etats-Unis s'efforcent d'arracher un règlement durable de la guerre au Moyen-Orient.
En pleine tournée destinée à rassurer les alliés de Washington dans le Golfe, M. Rubio a déclaré depuis le Koweït que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.
Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran, visés en représailles par des missiles et drones iraniens lors d'une guerre dont ils ne voulaient pas.
Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré à Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.
- "AUCUN PEAGE" -
L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.
Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé M. Rubio
Mais de nombreux points de divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et des voix critiquent aux Etats-Unis les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette impopulaire guerre.
Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.
Le Premier ministre qatari était mercredi à Oman, selon le même diplomate, pour préparer des discussions entre des pays du Golfe, l'Irak et l'Iran au sujet de ce passage par où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial.
"AUCUN PÉAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.
Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part M. Rubio.
Entretemps, l'évacuation des plus de 11.000 marins encore bloqués dans le Golfe devrait prendre "quelques semaines", a indiqué mercredi à l'AFP le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez.
Les cours du baril de pétrole Brent continuent eux leur décrue, passés sous les 75 dollars pour la première fois depuis le début de la guerre, qui les avait fait grimper à plus de 126 dollars.
Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.
Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.
- "Comme le phénix" -
Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, M. Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.
De son côté, M. Rubio a souligné que le soutien de l'Iran au Hezbollah serait abordé dans la suite des discussions, tout en appuyant le processus de négociations distinct - rejeté par le mouvement chiite - qui a repris mardi à Washington entre Israël et le Liban.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a assuré mercredi que les Etats-Unis n'avaient pas exigé un retrait israélien du sud du Liban, condition qui aurait été posée par Téhéran dans ses négociations avec Washington.
L'armée israélienne y restera "aussi longtemps que nécessaire", a réaffirmé le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.
Dans la journée, l'armée a annoncé avoir frappé deux membres du Hezbollah, malgré le cessez-le-feu, puis mené une frappe aérienne contre des militants présumés du mouvement, entrés dans le secteur qu'elle contrôle dans le sud du Liban.
Un média d'Etat libanais a fait état d'une autre frappe israélienne, de drone, contre un véhicule à Nabatiyé qui a fait deux morts.
A Tyr, des habitants tentent de déblayer les décombres à la faveur de l'accalmie actuelle. Selon la municipalité, 1.000 habitations ont été endommagées.
"Nous secouons la poussière et nous nous relevons comme le phénix", sourit Hussein Hassan dans son salon de coiffure à la vitrine soufflée.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars. Depuis, les bombardements et opérations israéliens ont fait plus de 4.100 morts, selon les autorités libanaises.
burx-san/hme/cab
Z.AbuSaud--SF-PST