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Trump met à nouveau la pression sur les sénateurs républicains
Donald Trump a annoncé mercredi refuser de signer une nouvelle loi phare sur le logement, adoptée la veille par le Congrès, tant qu'un texte imposant des restrictions sur les modalités de vote -- qu'il réclame depuis de nombreux mois -- n'est pas adopté par le Sénat.
"La conférence de presse d'aujourd'hui et la signature (de la loi) sur le logement sont par la présente annulées jusqu'à ce que nous adoptions le +SAVE America Act+, désespérément nécessaire et que je considère comme une urgence nationale", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, moins de deux heures avant la cérémonie prévue au Capitole de Washington.
Il n'a pas annoncé formellement vouloir opposer son veto à cette nouvelle loi, et dans les faits, même sans la signature présidentielle, le texte sera promulgué au bout de 10 jours si le Congrès est en session.
Adoptée mardi avec un soutien large des deux partis au Congrès, cette loi sur le logement vise principalement à faciliter la construction de nouvelles habitations, notamment en assouplissant certaines normes et en accélérant les examens d'impact environnemental.
Mais pour Donald Trump, ce texte, censé permettre à plus de familles d'accéder à la propriété et que les élus républicains érigeaient déjà en victoire législative, est d'une "importance mineure".
- "Décevante" -
Depuis de nombreuses semaines, Donald Trump exige à cor et à cri que le "SAVE America Act" soit adopté par le Congrès, alors même que les responsables de sa majorité continuent de lui expliquer qu'une telle adoption est hautement improbable en raison des règles du Sénat et du manque de soutien jusque dans le camp de la droite.
La loi sur le logement était censée illustrer le combat mené par Donald Trump et les républicains face au coût de la vie, thème majeur des élections de mi-mandat de novembre, sur fond d'inflation persistante en raison notamment de la guerre déclenchée contre l'Iran.
La sénatrice républicaine Susan Collins a qualifié la décision du président de "décevante", alors que le texte "répondait à un problème majeur" pour les Américains.
La semaine dernière, le président républicain avait déjà annulé l'audition au Sénat en vue de la confirmation de la nomination de Jay Clayton, qu'il avait choisi pour devenir directeur du renseignement national, arguant que le "SAVE America Act" prenait la priorité.
Ce texte exige des électeurs qu'ils fournissent un document comme preuve de leur citoyenneté américaine pour s'inscrire sur les listes électorales et présentent une pièce d'identité au moment de voter pour les élections fédérales. Particularité des Etats-Unis, 14 Etats à travers le pays ne requièrent aucune pièce d'identité pour glisser un bulletin dans l'urne.
Les partisans du "SAVE America Act" estiment que le texte permet de renforcer la sécurité des élections, mais ses détracteurs soulignent qu'il est déjà illégal pour un non-citoyen de voter aux élections aux Etats-Unis et s'alarment de barrières dressées sur le droit de vote de millions d'Américains, et principalement ceux issus de minorités.
- "Larmes aux yeux" -
Depuis sa défaite à l'élection présidentielle de 2020 face à Joe Biden, le milliardaire républicain répète sans fondement que la victoire lui a été volée en raison d'une supposée fraude massive.
Donald Trump exige à présent que les règles actuelles du Sénat -- qui demandent qu'un texte comme le "SAVE America Act" soit adopté avec une majorité de 60 voix sur 100 -- soient abolies.
Autrement, les démocrates "le feront dès la première heure" où ils reprendront la majorité au Sénat, afin de faire passer leurs propres textes, a-t-il assuré mercredi.
"Les républicains se sentiront très stupides s'ils ne le font pas en premier. Je regarderai avec les larmes aux yeux", a conclu Donald Trump sur Truth Social.
Il s'est également attaqué à Elizabeth Warren, la sénatrice démocrate au coeur des négociations avec les républicains pour élaborer la proposition de loi sur le logement, qu'il a à nouveau affublé du sobriquet "Pocahontas", en raison des origines amérindiennes revendiquées par l'élue.
Elizabeth Warren a répondu en vantant devant la presse les bienfaits du texte à la fois pour "l'Amérique urbaine et l'Amérique rurale".
"C'est un texte censé faire des bonnes choses, et Donald Trump dit qu'il s'en fiche tout simplement", a déclaré la sénatrice.
H.Nasr--SF-PST