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En Suisse, Américains et Iraniens progressent sur les questions du Liban et Ormuz
Iraniens et Américains se sont entendus sur des mécanismes visant à faire cesser les affrontements au Liban et sécuriser le détroit d'Ormuz, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari, au terme de la première séance de négociations en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Réunies dans un hôtel de luxe de Bürgenstock, dans les Alpes suisses, les délégations iranienne et américaine se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" cette semaine, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.
"La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban", a pour sa part affirmé sur X le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui fait partie de la délégation de son pays en Suisse.
"Les exportations de pétrole et de produits pétrochimiques ne sont plus restreintes, le blocus est levé, certains avoir gelés sont débloqués, et un plan de reconstruction et de développement majeur de l'Iran a été lancé", s'est-il félicité.
Les Etats-Unis n'ont pas réagi dans l'immédiat.
Selon le communiqué du Pakistan et du Qatar, Téhéran et Washington vont mettre en place une "cellule de gestion des conflits" pour mettre fin aux affrontements entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah au Liban, qui ont fragilisé le protocole d'accord signé la semaine dernière entre Américains et Iraniens.
- "Ligne de communication" sur Ormuz -
Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah se sont en effet poursuivis vendredi et samedi au Liban, en dépit d'une clause de l'accord-cadre prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts. En représailles, Téhéran a annoncé samedi une nouvelle fermeture du détroit stratégique d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures.
Ces annonces ont fait reculer les prix du pétrole. Vers 03h00 GMT, le prix du baril de WTI nord-américain baissait de 0,91% à 75,16 dollars. Celui du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, perdait 2,13% à 78,85 dollars
La cellule de prévention au Liban sera "le premier test réel", a commenté M. Araghchi.
Possible signe de détente, Israël a annoncé la levée, à partir de lundi matin, de toutes les restrictions de rassemblement liées à la guerre dans le nord du pays, près de la frontière avec le Liban.
Mais l'armée israélienne restera dans le sud du Liban "aussi longtemps que nécessaire", a assuré le Premier ministre Benjamin Netanyahu. De son côté, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a refusé toute zone de sécurité israélienne dans le sud de son pays.
Les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.106 morts depuis début mars, selon Beyrouth. L'armée israélienne y a recensé 36 militaires tués.
- Coup d'éclat iranien -
Selon l'agence officielle iranienne Irna, les négociations de dimanche en Suisse ont eu lieu de façon indirecte, par l'intermédiaire des médiateurs qatari et pakistanais, les Iraniens ayant quitté la table au bout d'une heure et vingt minutes "à la suite de la publication d'un message insultant du président des Etats-Unis".
Ce coup de colère était dû à un message du président américain Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, dans lequel il enjoignait Téhéran d'empêcher ses alliés au Liban, en référence au mouvement chiite du Hezbollah, de "causer des problèmes", sans quoi les Etats-Unis reprendraient leurs frappes.
"Ils feraient mieux de peser leurs mots; nos forces armées sont prêtes à leur répondre autrement", avait rétorqué sur X l'influent chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf.
En vertu du protocole d'accord signé mercredi par les présidents iranien et américain, les discussions doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février et qui a causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.
Selon les termes de ce protocole d'accord les deux parties doivent "se garder de menacer d'avoir recours à la force l'une contre l'autre".
Les différends portent aussi sur le programme nucléaire de Téhéran, qui empoisonne les relations bilatérales depuis des décennies.
Selon la télévision d'Etat iranienne, il n'en a pas été question pendant la première session de discussion. Cette même source a affirmé que la délégation iranienne avait refusé de poser pour une photographie avec les représentants américains.
"Nous avons mené des discussions approfondies sur tous les aspects de l'accord sur le nucléaire", a affirmé au contraire dans les premières heures de lundi un haut-diplomate américain à Bürgenstock.
burx-roc/vgu
E.Qaddoumi--SF-PST