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Trump menace de frapper "très fort" l'Iran et de s'emparer de ses sites pétroliers
Donald Trump a juré jeudi de frapper "très fort" l'Iran dans la soirée et menacé d'une prise de contrôle de ses sites pétroliers, après de nouvelles frappes des deux camps dans la nuit, Téhéran jugeant désormais "pratiquement dénué de sens" le cessez-le-feu théoriquement en vigueur.
"Les Etats-Unis vont frapper l'Iran (...) TRES FORT ce soir", a déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social, alors que les hostilités ont ouvertement repris ces derniers jours plus de trois mois après le début du conflit.
"Dans un avenir assez proche, nous prendrons l'île de Kharg, ainsi que d'autres infrastructures pétrolières", a-t-il ajouté. Il avait fin mars menacé "d'anéantir" ce principal terminal pétrolier iranien, visé par des frappes début avril, mais sans évoquer une prise de contrôle.
Le cessez-le-feu au Moyen-Orient, entré en vigueur le 8 avril et globalement respecté jusqu'au week-end dernier, est désormais "pratiquement dénué de sens", avait estimé plus tôt la diplomatie iranienne.
Il est "difficile de rester optimiste", a résumé le Pakistan, principal pays médiateur, appelant à la diplomatie et au dialogue, comme après lui Moscou, Pékin, Ankara et Ryad.
Et si des négociateurs qataris étaient à Téhéran jusqu'à jeudi matin pour des discussions menées d'après une source diplomatique en coordination avec Washington, il n'est pour l'heure plus question d'accord.
- "Fossé profond" -
Les Etats-Unis et l'Iran s'étaient déjà mutuellement attaqués dans la nuit de mardi à mercredi.
L'armée américaine a indiqué avoir ciblé "des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne iraniens à travers tout le pays", quand la veille seul le sud avait été visé.
Trois personnes ont été blessées, d'après les médias iraniens qui ont fait état d'explosions sur l'île de Qeshm, à Minab, Sirik et dans le port de Bandar Abbas (sud) mais aussi dans des lieux bien plus proches de la capitale.
A Téhéran, Majid, un pharmacien de 35 ans, se dit "profondément inquiet". "Le fossé entre les deux pays est trop profond pour espérer une solution diplomatique", estime-t-il, pointant l'impact sur la vie quotidienne avec flambée des prix et perte de revenus.
L'Iran a riposté en tirant une vingtaine de missiles vers une base américaine à Azraq en Jordanie - tous interceptés - et a à nouveau ciblé les monarchies du Golfe.
A Bahreïn, une enfant a été blessée par des débris de drone, les autorités signalant plus de 36 tirs de drones au total. Le Koweït a brièvement fermé son espace aérien après des attaques.
- 38e promesse -
Mardi, Donald Trump avait promis un accord imminent avec l'Iran - pour la 38e fois depuis le début du conflit selon un décompte de CNN -, avant de faire volte-face le lendemain.
Le très stratégique détroit d'Ormuz, par lequel passait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, concentre à nouveau les tensions: l'autorité maritime iranienne a confirmé le fermer totalement "jusqu'à nouvel ordre", comme l'avait plus tôt annoncé l'armée, alors que le passage d'une vingtaine de navires par jour était jusque là autorisé.
L'Iran le verrouille depuis le début du conflit le 28 février, les Etats-Unis imposant en retour un blocus des ports iraniens.
Le commandement américain pour la région (Centcom) a annoncé jeudi avoir neutralisé au large d'Oman un nouveau pétrolier tentant de passer outre. La salle des machines a pris feu et l'équipage a été évacué.
La veille, l'armée américaine avait ciblé un autre navire, tuant trois marins indiens.
- L'enjeu libanais -
Cette aggravation de la situation dans le Golfe maintient les cours du pétrole à un niveau élevé. Jeudi, le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, évoluait autour de 92 dollars, contre 70 dollars avant la guerre.
Le conflit avait repris dimanche quand l'Iran a lancé des missiles sur Israël, pour la première fois depuis le début de la fragile trêve, en représailles à des frappes israéliennes sur Beyrouth.
Téhéran, parrain du Hezbollah libanais, insiste pour que tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient inclut le Liban, dont Washington voudrait traiter le sort à part.
Israël avait riposté aux missiles iraniens, avant que les deux ennemis n'annoncent suspendre les hostilités, comme réclamé par Donald Trump.
Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite.
Ses opérations ont tué plus de 3.600 personnes, principalement dans le sud du pays où son armée occupe désormais une partie du territoire.
H.Jarrar--SF-PST