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Trump parti, Poutine vient cimenter l'indéfectible amitié avec Pékin
Le président russe Vladimir Poutine arrive mardi après-midi en Chine pour rencontrer son "bon ami de longue date" Xi Jinping et réaffirmer la robustesse des liens sino-russes, quelques jours après l'accueil en grande pompe de Donald Trump à Pékin.
Le locataire de la Maison Blanche venait à peine d'achever vendredi sa visite, la première d'un président américain en Chine depuis neuf ans, que la venue du chef du Kremlin a été officialisée.
Vladimir Poutine et Xi Jinping vont discuter des moyens de "renforcer" le partenariat stratégique bilatéral et "échanger leurs opinions sur les grandes questions internationales et régionales", selon la présidence russe.
Les deux dirigeants, âgés respectivement de 73 et 72 ans, doivent signer une déclaration commune.
Désireux d'installer un ton chaleureux avant la visite, ils ont échangé dimanche des "lettres de félicitations" pour les 30 ans du partenariat stratégique bilatéral.
Xi Jinping a vanté une coopération qui s'est "continuellement approfondie".
Dans une vidéo adressée "au peuple chinois" et diffusée mardi, Vladimir Poutine a affirmé que les relations avaient atteint "un niveau véritablement sans précédent" et jouaient "un rôle majeur de stabilisation à l'échelle mondiale".
Lors de sa dernière venue à Pékin en septembre 2025, Xi Jinping l'avait appelé son "vieil ami" — une formule qu'il n'a pas employée à l'adresse de M. Trump la semaine dernière.
M. Poutine, qui avait qualifié en retour M. Xi de "cher ami", voudra montrer au monde que leurs relations n'ont pas été affectées par la visite du milliardaire républicain.
- "Plus solides" -
Certes, la visite de M. Poutine ne devrait pas bénéficier du même faste que celle de M. Trump, mais la relation sino-russe n'en a "pas besoin", estime Patricia Kim, chercheuse à la Brookings Institution.
Pékin et Moscou considèrent leurs liens comme "plus solides et stables" que les relations sino-américaines, ajoute-t-elle.
La relation bilatérale s'est approfondie depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022.
Isolée par les Occidentaux, la Russie a vu s'approfondir sa dépendance économique de la Chine, devenue le principal acheteur du pétrole russe sous sanctions.
Sur l'Ukraine, Pékin plaide pour le respect de l'intégrité territoriale des pays et pour une résolution pacifique, mais n'a jamais condamné Moscou pour son invasion.
Donald Trump et Xi Jinping ont évoqué l'Ukraine la semaine dernière, et le président chinois "va très certainement partager avec M. Poutine ce qui s'est dit", estime Patricia Kim.
L'absence de percée sino-américaine sur ce sujet "rassure probablement Moscou sur le fait que M. Xi n'a conclu aucun accord avec M. Trump qui pourrait nuire concrètement aux intérêts russes", note-t-elle.
La Russie dépend du soutien économique de la Chine pour maintenir son effort de guerre en Ukraine, donc "Vladimir Poutine ne veut pas perdre cet appui", souligne Lyle Morris, chercheur à l'Asia Society.
- Différence de vues? -
Le président russe voudra certainement aussi "s'enquérir auprès de M. Xi des prochaines initiatives chinoises au Moyen-Orient" après que Trump a indiqué qu'il espérait voir Pékin jouer "un rôle de premier plan" sur le sujet, note M. Morris.
Mais sur la guerre américano-israélienne contre l'Iran et le blocage du détroit d'Ormuz, les perspectives russe et chinoise peuvent diverger.
"La Chine dépend de la liberté de circulation sur les grandes voies maritimes mondiales pour son activité économique, et préférerait donc que le blocage du détroit d'Ormuz" prenne fin, explique James Char, professeur à l'Université technologique de Nanyang, à Singapour.
Mais la Russie "bénéficie économiquement des combats en Iran grâce à l'assouplissement des sanctions sur les approvisionnements énergétiques russes, et a donc une vision différente", souligne-t-il.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait déclaré en avril que Moscou pourrait "compenser" les éventuelles pénuries énergétiques chinoises provoquées par la guerre en Iran.
"Le renforcement des liens dans l'énergie pourrait occuper une place importante durant la rencontre, Pékin voulant obtenir davantage d'énergie russe", estime Joseph Webster, chercheur à l'Atlantic Council.
"Pour Moscou, exporter davantage de pétrole vers l'Est peut sembler plus attractif face à la campagne incessante de l'Ukraine contre les infrastructures énergétiques russes", ajoute-t-il
W.AbuLaban--SF-PST