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Moyen-Orient: la réalité du conflit rattrape les marchés boursiers
La réalité du conflit au Moyen-Orient rattrape mardi les marchés boursiers mondiaux, sonnés par la hausse du pétrole, l'inflation et l’essoufflement des performances de la tech.
Souvent indifférente au conflit Etats-Unis/Iran, même Wall Street a mis un bémol à ses records, avec ses trois indices en recul après presqu'une heure d'échanges: Nasdaq (-0,68%), S&P 500 (-0,42%) et Dow Jones (-0,56%).
Peu avant que ne retentisse la cloche à New York, le verdict était tombé: l'inflation pointe au plus haut aux Etats-Unis depuis trois ans: 3,8% sur un an en avril d'après l'indice des prix à la consommation CPI.
"Les prix de l’énergie ont fortement progressé de 3,8% sur le mois et affichent désormais une hausse de 17,5% depuis le début de l’année, sans toutefois être à l’origine directe de la surprise haussière", a expliqué l'analyste Florian Ielpo de Lombard Odier.
"Le principal moteur de la surprise provient de l’inflation du logement", a-t-il souligné.
Cette nouvelle relance les risques d'une hausse des taux d'intérêt dans un contexte géopolitique qui ne laisse pas entrevoir une issue rapide au conflit lancé par le président américain contre l'Iran.
Le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient. La veille, Donald Trump avait jugé que le document envoyé par Téhéran était bon "à mettre à la poubelle".
Dans l'esprit des investisseurs, ces propos renvoient aux calendes grecques la réouverture du détroit d'Ormuz par où transitent 20% de l'offre pétrolière mondiale habituellement.
Le pétrole bien calé au-dessus des 100 dollars
A 14H00 GMT, les deux références mondiales du brut affichaient un baril à plus de 100 dollars: 107,6 dollars pour le Brent de la mer du nord (+3,25% par rapport à la veille) et 101,38 dollars pour le WTI américain (+3,38%).
"Il est possible que le pétrole continue simplement de monter, encore et encore, jusqu’à atteindre 120 dollars le baril", a estimé Fawad Razaqzada, analyste de marché pour Forex.com.
"Nous pourrions arriver à ce niveau si l'impasse se prolonge encore quelques semaines, car la pression s'accumule sur le marché physique pour que les prix franchissent un nouveau palier à la hausse", a-t-il ajouté.
D'autres analystes veulent cependant garder espoir, pour ne pas paniquer les investisseurs.
"A 4 dollars le gallon (aux Etats-Unis), la pression politique devient forte pour l'administration américaine. Les marchés continuent donc de privilégier une désescalade rapide et un accord avant les grandes échéances électorales", a observé Antoine Andreani, responsable de la recherche pour XTB France, dans une référence aux élections intermédiaires de novembre aux Etats-Unis.
En Europe, les principaux indices européens reculaient, de Francfort (-1,30%) à Milan (-1,08%) en passant par Paris (-0,94%) et Londres (-0,33%).
"Les optimistes sur le marché actions commencent peu à peu à manquer d'arguments", a noté Andreas Lipkow, analyste de CMC Markets.
"Les prix de l'énergie restent élevés, le rallye (mouvement haussier) dans le secteur des semi-conducteurs est arrivé à un stade très avancé et les données publiées aujourd'hui (mardi) aux Etats-Unis pourraient confirmer les inquiétudes inflationnistes sur le marché", a-t-il relevé.
Les taux d'emprunt du Royaume-Uni s'envolent
Sur le marché de la dette des Etats, les taux d'emprunt du Royaume-Uni restent très élevés.
Le rendement du "Gilt" à 10 ans atteignait 5,10%, et 5,76% à 30 ans.
Les appels à la démission du Premier ministre britannique Keir Starmer se sont multipliés lundi, après la défaite électorale cuisante du Labour jeudi dernier.
"Le marché obligataire réagit non seulement à l'éventuel départ de Starmer, mais aussi à l'identité possible de son successeur", a résumé Kathleen Brook, directrice de recherche pour le courtier XTB.
"Cela signifierait que les investisseurs, dont 25 à 30% sont des acheteurs étrangers d'obligations d'Etat britanniques, exigent une prime de risque plus élevée", a expliqué Anna Macdonald, directrice des stratégies d'investissement chez Hargreaves Lansdown.
En Europe continentale, les rendement du Bund allemand à dix ans continuait de monter (3,10% contre 3,03% la veille), tout comme son équivalent français (3,74% contre 3,65% la veille).
Les créanciers qui prêtent de l'argent aux Etats anticipent ainsi des risques d'inflation de nature à réduire la valeur réelle de leurs titres de créance.
K.Hassan--SF-PST