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Macron au Kenya pour un sommet franco-africain, emblème de sa "relation refondée" au continent
Le président français Emmanuel Macron est arrivé dimanche au Kenya, pays anglophone qu'il considère emblématique d'une "relation refondée" de la France avec l'Afrique, qui a été en partie choisie mais aussi imposée par les divorces avec d'anciennes colonies francophones sous ses deux mandats.
Au deuxième jour de sa tournée africaine, le président français a quitté dans la matinée Alexandrie, en Egypte, où il a inauguré samedi le nouveau campus de l'Université Senghor de la Francophonie.
Arrivé à Nairobi, en Afrique de l'Est, il s'est entretenu en tête-à-tête avec son homologue kényan William Ruto. Les deux dirigeants devaient ensuite assister à la signature d'accords entre des entreprises françaises et kényanes et participer à une conférence de presse.
William Ruto est de fait devenu un acteur incontournable des nouveaux liens franco-africains pour Emmanuel Macron, désireux de s'extirper des déboires accumulés en Afrique francophone, notamment au Sahel.
Le président kényan est aussi un allié-clé des initiatives du Français pour réformer l'architecture financière internationale afin de mieux mobiliser l'argent privé, en ces temps de disette de l'aide publique au développement.
- "Africa Forward" -
C'est assez naturellement avec lui que M. Macron a choisi d'organiser, lundi et mardi, toujours à Nairobi, son premier vrai sommet Afrique-France. William Ruto devrait en sortir renforcé pour représenter son continent mi-juin au sommet du G7 à Evian, en France, auquel il a été invité par Emmanuel Macron, qui dit vouloir que l'Afrique soit "pleinement au coeur des décisions mondiales".
La grand-messe franco-africaine, qui se déroule donc dans un pays anglophone pour la première fois, a été baptisée en anglais "Africa Forward" ("En avant l'Afrique").
Un "clin d'oeil", a assumé samedi le chef de l’État français à Alexandrie, où il a longuement défendu la francophonie, "magnifique projet universaliste". Pour mieux dire que la France n'est pas cantonnée à son ancien "pré carré" africain francophone, mais ouverte à tout ce "continent aux mille langues".
Le sommet se veut résolument tourné vers l'économie et les investissements, en présence d'une importante délégation de chefs d'entreprises françaises, dont Rodolphe Saadé (CMA CGM), Patrick Pouyanné (TotalEnergies), Sébastien Bazin (Accor) et Antoine de Saint-Affrique (Danone).
Ces PDG rencontreront mardi plus d'une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement attendus, et des promesses d'investissements de plusieurs milliards d'euros sont attendues, selon une source diplomatique.
La diplomatie française espère ainsi répondre aux critiques contre un certain désengagement de quelques entreprises françaises, qui est allé de pair avec le recul de l'influence de Paris dans plusieurs pays africains.
Si le discours fondateur de la politique d'Emmanuel Macron pour l'Afrique, en 2017 à Ouagadougou, au Burkina Faso, évoquait bien cette volonté de diversifier la relation, de multiplier les partenariats et de miser sur les instruments du "soft power" comme le sport ou la culture, la tendance a aussi été accélérée par la situation géopolitique.
Dans trois pays sahéliens - Mali, Burkina et Niger -, les putschs de 2020 à 2023 ont précipité le divorce avec la France et le départ de son armée, cristallisant les critiques contre la politique française.
Le sentiment antifrançais est aussi monté ailleurs à travers le continent, du Sénégal à Madagascar en passant par l'Algérie, où les relations restent en dents de scie malgré un nouveau début de dégel.
La tournée africaine du président français se terminera mercredi en Ethiopie.
N.AbuHussein--SF-PST