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Malgré leurs divergences, Trump et Lula affichent leur satisfaction après une réunion
Donald Trump et Lula ont affiché jeudi leur satisfaction après une réunion à la Maison Blanche, le premier louant "le très dynamique président du Brésil", qui en retour a évoqué une "relation sincère", malgré leurs divergences, notamment sur la guerre en Iran.
Les relations diplomatiques entre Brasilia et les Etats-Unis ont été particulièrement houleuses, même si les deux hommes aux antipodes sur le plan idéologique admettent une certaine "alchimie" sur le plan personnel.
Leur première rencontre officielle, en octobre dernier en Malaisie, avait été cordiale.
Contrairement à ce qui était attendu, les deux dirigeants n'ont pas fait jeudi d'apparition commune devant la presse, que ce soit au début ou à la fin de leur rencontre, qui a duré plus de deux heures et demie.
Mais le président américain de 79 ans a ensuite estimé que la réunion s'était "très bien passée", dans un message sur son réseau Truth Social.
"Nous avons abordé de nombreux sujets, dont le commerce et plus particulièrement les droits de douane", a-t-il précisé.
Luiz Inacio Lula da Silva, 80 ans, s'est dit devant la presse "très, très satisfait". "Je trouve toujours que la photographie a beaucoup de valeur. Et vous avez remarqué le président Trump en train de rire, c'est mieux que quand il fait la tête", a glissé le président de gauche.
- Venezuela -
Après leur rendez-vous en Malaisie, Washington avait levé en grande partie la surtaxe punitive infligée au Brésil en représailles aux déboires judiciaires de l'ex-président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro, un allié de Donald Trump qui purge actuellement une peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d'Etat.
Mais beaucoup de choses ont changé depuis: les Etats-Unis ont renversé le dirigeant socialiste Nicolas Maduro au Venezuela et sont partis en guerre contre l'Iran aux côtés d'Israël.
Lula, qui en 2025 a accusé Donald Trump de vouloir "devenir l'empereur du monde", a fermement condamné ces deux interventions américaines.
Affaibli politiquement chez lui à moins de six mois de la présidentielle d'octobre, Lula est au coude-à-coude dans les sondages avec Flavio Bolsonaro, le fils aîné de son prédécesseur.
L'administration Trump estime que l'Amérique du Sud fait partie de la sphère d'influence naturelle des Etats-Unis, et pèse ouvertement sur les élections qui s'y déroulent, en poussant ses alliés idéologiques.
Mais le chef d'Etat brésilien a estimé jeudi que le locataire de la Maison Blanche n'aurait pas "la moindre influence" sur le scrutin.
"Je pense qu'il se comportera en président des États-Unis, en laissant le peuple brésilien décider de son destin", a-t-il lancé.
- Crime organisé -
La sécurité est la principale préoccupation des électeurs brésiliens et le combat contre le crime organisé est une composante importante de la relation entre Washington et Brasilia.
Le ministre brésilien des Finances Dario Durigan, qui fait partie de la délégation, a souligné mercredi que son pays souhaitait renforcer la coopération dans la lutte contre les cartels de la drogue.
Brasilia et Washington ont signé en avril un accord pour combattre le trafic d'armes et de stupéfiants.
Donald Trump a fait du combat contre ce qu'il qualifie de "narcoterrorisme" une priorité de son second mandat, qualifiant des groupes criminels d'organisations terroristes étrangères et s'appuyant sur cela pour capturer le dirigeant du Venezuela.
Etats-Unis et Brésil ont aussi des intérêts communs dans le domaine économique.
Washington manifeste son intérêt pour les vastes gisements brésiliens de terres rares, des minéraux essentiels à la fabrication de nombreux produits technologiques.
Le Brésil possède les deuxièmes réserves de terres rares les plus importantes au monde, derrière la Chine. Mais le pays ne veut pas se contenter d'exporter ces matières premières et tient à développer sa propre filière et à créer sur place de la valeur ajoutée.
Z.AbuSaud--SF-PST