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Virginie Grimaldi, numéro un avec des romans "au plus près de la vie"
Il s'annonce comme l'un des best-sellers de l'été: le nouveau livre de Virginie Grimaldi, la romancière française la plus lue en 2025, mélange les ingrédients d'un succès annoncé avec un voyage en Italie, des secrets familiaux et la nostalgie du temps qui passe.
"D'autres printemps" (Flammarion), en librairie mercredi et tiré à 230.000 exemplaires, est le 12e roman de Virginie Grimaldi, en 12 ans, mais "le premier à traiter du déracinement", explique l'autrice à l'AFP.
Elle en a eu l'inspiration lors d'un voyage en Italie avec sa grand-mère d'origine sicilienne. "C'était le dernier pour elle, elle en avait conscience et moi aussi" et "je me suis dit que je devais écrire sur le déracinement, sur les blessures d'enfance".
Le roman raconte la fugue italienne de Line, 90 ans, et de sa petite-fille Flora, 45 ans, à l'insu du reste de la famille. L'occasion de petites aventures, de rencontres et de longues discussions entre deux femmes "qui vont à la fois se comprendre et ne pas se comprendre".
"Le temps qui passe est mon obsession", explique Virginie Grimaldi, 48 ans. "Cela nourrit en moi une grande nostalgie, tout en me faisant profiter du moment présent".
L'autrice reste fidèle à ses principes d'écriture: "être au plus proche de la vie". Car "mon inspiration vient surtout de ma porosité au monde. J'absorbe beaucoup, je suis attentive aux petites choses que peut-être d'autres ne voient pas".
La recette est gagnante: la romancière ne cesse d'élargir son lectorat, composé majoritairement de femmes de tous âges, milieux sociaux et origines géographiques. Elle a vendu près de 10 millions de romans, tous formats confondus, dont plus d'un million en 2025, année de la sortie des "Heures fragiles". Ils sont traduits en plus de 20 langues et trois d'entre eux font l'objet d'adaptation audiovisuelle.
- "Sincérité" -
Son éditrice, Pauline Faure, explique ce succès inattendu par "la sincérité" de Virginie Grimaldi. "Ses textes s'enracinent dans quelque chose de profond et d'instinctif, elle ne cherche pas à suivre une mode ou des thèmes d'actualité", explique-t-elle, en mettant aussi en avant son humour.
A ceux qui qualifient ses romans de "feel-good" (réconfortants) faciles à lire, Virginie Grimaldi réplique qu'elle fait attention à ne pas "tomber dans le pathos ou la mièvrerie", que ses précédents livres ne se terminaient pas tous par une fin heureuse et qu'ils abordaient parfois des sujets difficiles.
Ancrée dans la région bordelaise, Virginie Grimaldi est l'écrivaine la plus suivie sur les réseaux sociaux, surtout Instagram, où elle poste de temps en temps ses réflexions sans dévoiler sa vie privée.
Bien qu'éloignée de Paris, elle a suivi avec attention la crise au sein de la maison d'édition Grasset provoquée par le limogeage du PDG Olivier Nora par Hachette, le groupe qui appartient à la galaxie du milliardaire Vincent Bolloré.
Virginie Grimaldi a connu une situation similaire chez Fayard, qu'elle a quitté en 2022 pour Flammarion au lendemain de la nomination d'une nouvelle patronne à la tête de cette maison d'édition appartenant aussi à Hachette.
"Je suis contente d'en être partie. Et malheureusement, la suite a dépassé mes craintes", indique-t-elle, en référence aux nombreux auteurs marqués à droite ou à l'extrême-droite désormais publiés par Fayard.
"Je m'associe à la stupeur et aux craintes des auteurs parce que ce qui se passe est très grave. Cela envoie un signal clair: la pluralité chez Grasset, c'est fini. Donc je trouve important que les auteurs se soulèvent ensemble", déclare-t-elle.
O.Mousa--SF-PST