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Le 1er-Mai restera "férié, chômé et payé", des propositions pour les commerces de proximité
Le 1er-Mai est le "seul jour férié, chômé et payé", et ce principe "doit continuer": le gouvernement a renvoyé lundi soir sine die la loi permettant d'élargir le travail ce jour-là en France mais annoncé qu'il souhaitait engager un dialogue avec certains commerces de proximité.
Le gouvernement fera des propositions "de court et moyen terme" pour les commerçants de proximité qui souhaitent employer du personnel le 1er-mai, et les professions concernées seront reçues "à Matignon dès cette semaine", a déclaré lundi soir le Premier ministre Sébastien Lecornu.
"Le gouvernement souhaite un dialogue social approfondi avec les partenaires sociaux sur le périmètre des activités et commerces concernés par un travail le 1er Mai. Seul un dialogue de branche le permettra", a-t-il écrit sur X peu après la décision de l'exécutif de ne pas faire avancer au Parlement un texte porté le chef de Renaissance Gabriel Attal visant à faciliter le travail le 1er-mai dans les commerces de proximité.
"Il est également urgent dans cette démarche de se recentrer et de prioriser les commerces indépendants de la boulangerie et des fleuristes. C'était notre priorité: force est de constater qu'elle s'est diluée, créant des inquiétudes qui ont fragilisé la proposition de loi", a-t-il précisé.
- "Une loi nécessaire" -
Peu avant, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou avait annoncé avoir renvoyé sine die la loi permettant d'élargir le travail le 1er-Mai en France, à l'issue d'une rencontre avec les cinq syndicats représentatifs (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC), demandée par Matignon.
"J'ai entendu les inquiétudes des organisations syndicales et je veux être clair, le 1er-Mai n'est pas une journée comme les autres. C'est la journée des travailleurs et des travailleuses, c'est le seul jour férié, chômé et payé. Ce principe général doit continuer à prévaloir même si certaines dérogations sont possibles", a assuré le ministre du Travail.
"Les professions qui le souhaitent pourront engager des négociations de branche", a-t-il fait valoir. Ensuite, "nous prendrons en compte leurs conclusions pour les sécuriser par la loi, parce que (...) nous pensons qu'une loi sera nécessaire pour amender (celle) existante".
Il a promis d'"apporter une réponse avant le 1er mai 2027 à l'insécurité juridique actuelle".
La proposition de loi aurait permis le travail de salariés ce jour férié dans des commerces de bouche de proximité comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes, mais aussi dans des établissements culturels (cinémas, théâtres).
Grâce à la motion de rejet, le texte pouvait être adopté sans que les députés ne l'aient examiné en première lecture, après une commission mixte paritaire (CMP) finalement écartée par le Premier ministre.
- "Férié et rémunéré" -
"Le 1er-Mai 2026 sera un 1er-Mai complètement classique", s'est réjoui le numéro 2 de la CFDT, Yvan Ricordeau, à l'issue de la rencontre.
"La CGT et les organisations syndicales ont obtenu que le gouvernement ne passe pas en force sur le 1er-Mai", a salué la N°1 de la CGT, Sophie Binet. "La loi ne sera donc pas modifiée demain et le 1er-Mai restera un jour exceptionnel, férié et rémunéré."
Et la leader de la CGT s'est félicitée "qu'on ait enfin quitté le monde des mythos de Gabriel Attal pour revenir à la raison".
Car l'ancien Premier ministre et candidat putatif à la présidentielle n'a pas lésiné sur les efforts pour soutenir ce texte.
Lundi soir, Gabriel Attal a "déploré" la décision du gouvernement et lui a demandé de "donner instruction aux administrations et aux inspections concernées de ne pas sanctionner les artisans qui feront le choix d’ouvrir le 1er mai prochain", dans un message sur X.
Selon la loi, seul le 1er mai est un jour férié obligatoirement chômé et payé. Toutefois, le code du Travail admet aujourd'hui qu'un artisan boulanger ou un fleuriste puisse ouvrir ce jour-là, mais il doit travailler seul ou presque (avec des membres de sa famille non-salariés). A défaut, il risque une amende de 750 euros par salarié concerné (1.500 euros si c'est un mineur).
"Si nous avons obtenu que ce texte ne s’applique pas en 2026, la vigilance et la mobilisation restent indispensables", estime La France insoumise (LFI) dans un communiqué, redoutant que le gouvernement tente "de réintroduire ce texte à tout moment".
bur-bat-vac-ito/cbn
H.Jarrar--SF-PST