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Moyen-Orient: le pétrole flambe à 90 dollars, les Bourses mondiales accusent le coup
La flambée du pétrole au-delà des 90 dollars le baril vendredi, alors que la guerre au Moyen-Orient ne montre aucun signe de désescalade, entraîne les Bourses mondiales dans le rouge et ravive les craintes de poussées inflationnistes.
Au septième jour de la guerre déclenchée contre l'Iran par Israël et les Etats-Unis, Donald Trump a exigé une "capitulation" de l'Iran. "Il n'y aura pas d'accord avec l'Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION!", a-t-il écrit vendredi sur son réseau Truth Social.
Le président américain a ainsi "balayé les espoirs d'une médiation pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient", souligne Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB. "Cela a anéanti les espoirs d'un règlement rapide du conflit."
La flambée des prix de l'or noir a repris de plus belle, propulsant les deux références mondiales du brut au-dessus du seuil symbolique des 90 dollars. Une première en près de deux ans pour le Brent, et depuis octobre 2023 pour le WTI américain, qui est ensuite légèrement redescendu.
Vers 16H55 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord grimpait de 6,60% à 91,05 dollars. Son équivalent américain, le WTI, flambait de 9,84% à 88,98 dollars.
Le stratégique détroit d'Ormuz demeure au centre du conflit, avec quelque 20% de la production mondiale de pétrole et près de 20% du gaz naturel liquéfié (GNL) qui y transite habituellement. Depuis les frappes israélo-américaines lancées le 28 février, les Gardiens de la Révolution bloquent de facto le trafic dans le détroit.
"Le détroit d'Ormuz n'a jamais été fermé auparavant, donc personne ne savait vraiment à quoi s'attendre", souligne Bjarne Schieldrop, responsable de l’analyse matières premières chez SEB.
"Il n'y a pas de manque de pétrole, seulement une désorganisation des flux", explique-t-il. "Cela perturbe totalement les flux" mais aussi "la distribution des produits pétroliers du brut vers les raffineries, puis les produits pétroliers vers les consommateurs".
- Les Bourses flanchent -
"Un week-end géopolitiquement agité s'annonce, et l’envie d'acheter des actions est très faible. Personne ne veut pour l'instant attraper un couteau qui tombe, d'autant que le prix du pétrole continue d'accélérer et que la barre symbolique des 100 dollars devient proche", note Jochen Stanzl, chez CMC Markets.
La "flambée des prix du pétrole a également des répercussions sur d'autres classes d'actifs, en particulier sur les marchés actions européens, qui sont généralement très sensibles aux coûts de l'énergie", de nombreuses économies européennes important massivement leurs hydrocarbures, explique Fawad Razaqzada, analyste chez Forex.com.
En Europe, la Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,65%, Francfort de 0,94% et Londres de 1,24%. En une semaine, l'indice parisien CAC 40 a dévissé de 6,84%, le DAX de Francfort de 6,70% et le FTSE 100 londonien de 5,74%.
A Wall Street, vers 16H55, le Dow Jones cédait 1,16%, l'indice Nasdaq perdait 0,74% et l'indice élargi S&P 500 reculait de 1,00%.
A la flambée du brut est venu se greffer un rapport sur l'emploi morose aux Etats-Unis. Le pays a détruit 92.000 emplois en février et le chômage a grimpé à 4,4%, un spectaculaire revirement par rapport au mois précédent qui n'avait pas été anticipé par les marchés.
"Un rapport sur l'emploi américain décevant n'a pas aidé à soutenir l'appétit pour le risque", note Neil Wilson, de Saxo Markets.
- Le risque inflationniste plane -
Les investisseurs redoutent par ailleurs un regain d'inflation, particulièrement en Europe où les pays importent massivement leurs hydrocarbures, rappelant la vague inflationniste provoquée par la guerre en Ukraine en 2022.
En Europe, le rendement de l'emprunt allemand à 10 ans, considéré comme la référence, s'est hissé à 2,86%, contre 2,64% vendredi avant le conflit, une forte variation pour ce marché.
Son équivalent français s'établissait à 3,51% contre 3,22% vendredi, et l'italien à 3,61% contre 3,27%. Enfin, le britannique flambait à 4,62% contre 4,23% vendredi à la clôture.
"Lorsque les prix du pétrole grimpent, cela agit comme une taxe sur la croissance, pesant à la fois sur les marges des entreprises et les dépenses des consommateurs", poursuit-il.
Z.AbuSaud--SF-PST