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L'Enduropale du Touquet célèbre sa 50e édition dans des conditions dantesques
De la pluie, du vent, de la "passion" et "des copains": des centaines de milliers de spectateurs ont bravé les éléments pour célébrer la 50e édition de l'Enduropale du Touquet, plus grande course de motos sur sable au monde selon ses organisateurs.
Avec 700.000 spectateurs attendus, l'Enduropale sort chaque année, le temps d'un week-end, cette station balnéaire huppée de la côte d'Opale de la quiétude qui l'habite le reste de l'hiver.
L'épreuve a couronné, pour la quatrième année consécutive, le Britannique Todd Kellett, venu à bout des trois heures de course et d'un climat réunissant les éléments les plus rudes que peut offrir le Pas-de-Calais -rafales de vent, température proche de zéro, pluie battante qui a même inondé certaines zones de la piste.
Dès les premières lueurs du jour dimanche, une procession longue de plusieurs kilomètres a pris la direction du Touquet en voiture, vélo, trottinette ou à pied.
A ses côtés, Adrien, 23 ans, en est déjà à "au moins dix Enduro" en tant que spectateur. C'est "la passion" qui fait tenir sous la pluie ce fan de Todd Kellett et Milko Potisek, triple vainqueur et troisième cette année.
- 170 km/h -
Perché sur un escabeau pour surplomber la haie de spectateurs, Olivier Cavrois, 65 ans, est venu encourager "des copains qui le font encore, qui sont plus courageux que (lui)". Présent à l'Enduropale "presque chaque année depuis sa création", ce Lillois y a participé une fois, en 1987, et se souvient avoir "souffert" sur une moto "pas tellement adaptée".
Comme lui, beaucoup de spectateurs accompagnent des proches. L'épreuve reine du dimanche a réuni, cette année, plus de 1.300 participants, très majoritairement des pilotes amateurs.
C'est ce nombre qui produit l'une des scènes emblématiques de l'Enduropale quand ces centaines de motos prennent le départ sur une ligne droite de plus de cinq kilomètres, sur laquelle les plus rapides atteignent jusqu'à 170 km/h, secoués par chaque anfractuosité.
Recordman de victoires sur le Rallye Dakar et habitué de l'Enduropale, Stéphane Peterhansel aime vivre ces départs, "le bruit de toutes les motos qui démarrent et l'adrénaline que ça procure, la peur que ça procure".
La plage, "très molle" cette année selon le directeur sportif de l'épreuve David Hauquier, s'est déformée dès les premiers passages.
Une demi-heure après le départ, des virages prennent déjà des airs de cimetière des éléphants: par un effet domino, chaque participant qui tombe entraîne à sa suite plusieurs autres, piégés dans des ornières en tentant de les contourner ou arrêtés net après avoir freiné en urgence.
- "Une saveur particulière" -
Tentant de prendre l'extérieur d'un virage en épingle, un concurrent s'échoue à son tour, rendant hommage à son casque en forme de poireau, surnom donné à ces participants dont les motos se plantent dans le sable.
S'ils applaudissent chaque passage des leaders, les spectateurs savent récompenser les efforts de ces coureurs de l'ombre. Plus ils peinent à relancer leur moto après une chute, plus le public les acclame lorsqu'ils redémarrent.
Une ambiance qu'aime depuis toujours Lucas Colin, 29 ans et quatre participations au compteur. "Depuis tout petit, je rêvais de faire cette course", dit ce natif du Pas-de-Calais, pour qui cette course "est mythique".
Cette année a "une saveur particulière" pour lui: plutôt que la course du dimanche, il a opté pour l'épreuve "vintage" du vendredi pour accompagner son père, en rémission d'un cancer. Pour eux, cette édition du Touquet, "c'est une revanche sur la vie."
En un demi-siècle d'existence, l'Enduropale, créée en 1975, a dû se réinventer pour s'adapter à l'évolution des consciences et de la science sur l'écologie et la protection de l'environnement.
Depuis une vingtaine d'années, le parcours se concentre sur la plage, sans passer par les dunes qui la longent. Depuis quelques années, le public n'a plus le droit de se masser au pied de ces mêmes dunes, qui renferment une précieuse biodiversité.
L'Enduropale dressera à l'issue de cette 50e édition son premier bilan carbone.
I.Saadi--SF-PST