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Groenland: Trump impose le sujet à Davos, l'UE et Macron haussent le ton
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président français, Emmanuel Macron, ont haussé le ton mardi à Davos face aux menaces répétées sur le Groenland de Donald Trump, qui a annoncé une réunion "des différentes parties" dans la station des Alpes suisses.
Le président américain veut s'emparer de ce territoire autonome appartenant au Danemark, invoquant des motifs de sécurité face aux Russes et aux Chinois. Un sujet qui braque ses alliés européens au sein de l'Otan et qu'il a néanmoins imposé à l'ordre de jour de la réunion annuelle du Forum économique mondial, qui se tient toute la semaine à Davos.
"Nous plonger dans une spirale descendante ne ferait qu'avantager les adversaires que nous sommes tous deux déterminés à tenir à l'écart. Notre réponse sera donc ferme, unie et proportionnelle", a martelé Ursula von der Leyen lors de son discours mardi matin à la tribune du Forum économique mondial.
Plus tard dans la journée, Emmanuel Macron, arrivé lui aussi sur place, a appelé l'UE à "utiliser" les outils "très puissants" dont elle dispose en matière commerciale quand elle "n'est pas respectée".
- "Loi de la jungle" -
Il a dénoncé une "concurrence des Etats-Unis d'Amérique" à travers une politique commerciale qui "exige des concessions maximales et vise ouvertement à affaiblir et subordonner l'Europe", tout en invoquant le recours à l'instrument "anti coercition" de l'UE, considéré comme un "bazooka" en cas de guerre commerciale.
Les droits de douane supplémentaires, dont Washington menace plusieurs pays européens qui s'opposent à ses visées sur le Groenland, seraient une "erreur, en particulier entre alliés de longue date", a insisté de son côté Mme von der Leyen. Et de rappeler: "L'UE et les Etats-Unis ont conclu un accord commercial en juillet dernier. Et en politique comme en affaires, un accord est un accord."
Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng, qui s'exprimait juste après elle, a également mis en garde: "Un petit nombre de pays privilégiés ne devraient pas bénéficier d'avantages fondés sur leurs seuls intérêts, et le monde ne peut pas revenir à la loi de la jungle où les forts s'en prennent aux faibles."
Donald Trump malmène le multilatéralisme depuis son retour à la Maison Blanche il y a un an, utilisant les droits de douane comme une arme pour atteindre ses objectifs. Après son offensive sur le Venezuela et son pétrole, il multiplie ces derniers jours les déclarations sur le Groenland.
Les dirigeants de l'UE réfléchissent à des mesures de rétorsion commerciale et prévoient de discuter du Groenland lors d'un sommet convoqué en urgence pour jeudi à Bruxelles.
- "Le respect plutôt que les brutes" -
"Le Groenland est essentiel pour la sécurité nationale et mondiale. Il ne peut y avoir de retour en arrière, sur ce point, tout le monde est d'accord!", a-t-il insisté mardi sur son réseau Truth Social, indiquant avoir eu "un très bon entretien téléphonique" avec Mark Rutte, le secrétaire général de l'Otan.
"Les Etats-Unis d'Amérique sont de loin le pays le plus puissant au monde (...). Nous sommes la seule PUISSANCE capable d’assurer la PAIX dans le monde et cela se fait, tout simplement, par la FORCE!", a-t-il écrit.
Le président américain a également posté une image générée par l'IA le montrant, accompagné du vice-président, JD Vance, et du ministre des Affaires étrangères, Marco Rubio, en train de planter un drapeau américain dans un paysage arctique. Un panneau indique: "Groenland, territoire américain depuis 2026".
Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a en revanche affirmé vouloir rencontrer en Suisse le président américain, disant vouloir "éviter une escalade douanière".
La délégation américaine est cette année l'une des plus importantes jamais enregistrée à Davos d'après les organisateurs, et la présence des Etats-Unis est très visible, avec de nombreux commerces de la rue principale privatisés par des entreprises américaines et même une "USA House" installée dans une église où les membres du gouvernement multiplient les interventions.
- "Gros rhume" -
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a notamment réfuté mardi à Davos l'hypothèse que les Européens puissent mettre en place des rétorsions financières et se débarrasser de leurs bons du Trésor américain.
"Je suis sûr que les Européens vont continuer à en détenir", a-t-il dit lors d'un point presse.
Parmi les autres dirigeants attendus mardi à Davos figure notamment le Premier ministre canadien, Mark Carney, qui cherche à réduire la dépendance de son pays aux Etats-Unis et a récemment conclu un nouveau partenariat avec Pékin.
En revanche, le chef de l'ONU, Antonio Guterres, a annulé sa venue en raison d'"un gros rhume".
F.AbuZaid--SF-PST