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L'administration Trump critiquée pour la publication partielle du dossier Epstein
L'administration Trump a continué samedi à rendre publics des documents sur l'affaire Epstein, une publication partielle et largement caviardée qu'ont critiquée plusieurs victimes et des figures politiques démocrates et républicaines américaines.
"Nous sommes très déçues" a confié Marina Lacerda, l'une des plus de 1.000 victimes présumées de ce richissime financier et criminel sexuel, connu pour avoir fréquenté des personnalités de premier plan, dont Donald Trump.
"Pourquoi ne pouvons-nous pas simplement révéler les noms qui devraient l'être?", a-t-elle poursuivi sur CNN, regrettant l'anonymisation de nombreux individus mentionnés dans ces fichiers.
Le gouvernement américain a commencé à publier vendredi des milliers de photos, vidéos et textes issus de l'enquête sur Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019 avant d'avoir pu être jugé.
L'ensemble du dossier n'a toutefois pas été rendu public avant minuit comme le prévoyait la loi à l'origine de cet effort de transparence, et de nombreux fichiers dévoilés avaient été préalablement caviardés, à l'image d'un document judiciaire entièrement recouvert de noir sur 119 pages.
- Hommes et femmes célèbres -
"Le ministère américain de la Justice continue de couvrir des hommes influents qui ont agressé ou violé des jeunes filles ou qui ont participé à des fêtes où ces jeunes filles étaient exhibées et maltraitées", a accusé samedi sur X l'élu démocrate Ro Khanna, très impliqué sur ce dossier.
Une critique partagée par le parlementaire républicain Thomas Massie et l'élue démissionnaire de la droite radicale, Marjorie Taylor Greene, qui fut une alliée indéfectible de Donald Trump et réclamait depuis des mois cette publication. "Le but n'était PAS de protéger les +personnes politiquement exposées", a-t-elle fustigé sur le même réseau.
Des accusations qu'a balayées le numéro deux du ministère de la Justice, Todd Blanche: "Nous ne caviardons pas les noms d'hommes et de femmes célèbres associés à Epstein", a-t-il assuré dans une interview à la télévision ABC diffusée samedi.
"Il n'y aucune volonté de retenir quoi que ce soit simplement parce qu'y figure le nom de Donald Trump, ou de quelqu'un d'autre comme Bill Clinton", l'ancien président démocrate (1993-2001), a-t-il également dit.
L'opposition s'inquiétait toutefois de la possible suppression de l'une des rares images publiées vendredi où figure Donald Trump.
"S'ils suppriment cette information, imaginez tout ce qu'ils essaient de cacher... Il pourrait s'agir de l'une des plus grandes affaires de dissimulation de l'histoire américaine", a ainsi alerté le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer.
- Jacuzzi -
Ce cliché montrant diverses photos disposées sur un meuble et dans un tiroir, dont l'une de l'actuel président républicain, était inaccessible samedi après-midi, a constaté l'AFP.
Donald Trump et Bill Clinton ont tous les deux côtoyé Jeffrey Epstein mais assurent n'avoir jamais rien su de ses crimes et avoir coupé les ponts avec lui avant qu'il ne soit inquiété par la justice.
Une photo dévoilée vendredi et montrant Bill Clinton dans ce qui semble être un jacuzzi, avec une partie occultée par un rectangle noir, a été rapidement relayée par l'entourage de Donald Trump.
D'autres personnalités politiques ainsi que du monde des affaires et de la culture, dont les superstars Michael Jackson et Mick Jagger, apparaissaient sur d'autres clichés.
L'affaire Epstein, révélée en 2019 a éclaboussé plusieurs célébrités, dont Andrew, le frère du roi Charles III, incriminé par l'une des victimes, mais qui clame son innocence.
La mort du richissime financier en prison à New York en août 2019, attribuée à un suicide par les autorités, a alimenté d'innombrables théories du complot selon lesquelles il aurait été assassiné pour l'empêcher d'impliquer des élites.
Pressé par sa base électorale de publier ces fichiers, Donald Trump avait dit dans un premier temps y être favorable avant de longuement rechigner à s'exécuter, qualifiant l'affaire de "canular" instrumentalisé par les démocrates.
Mais le milliardaire républicain a fini par céder à la pression du Congrès et a promulgué en novembre une loi imposant cet effort de transparence à son gouvernement.
Interrogé par la presse vendredi, Donald Trump, dont le nom apparait peu dans les fichiers déjà publiés, s'est abstenu de tout commentaire.
T.Samara--SF-PST