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Novasco: cession partielle actée, plus de 500 emplois supprimés
Le tribunal de Strasbourg a retenu lundi la "cession partielle" de l'aciériste en difficulté Novasco (ex-Ascometal) au consortium d'investisseurs réunis autour de Julien Baillon, à la tête de la PME ardennaise Métal Blanc, selon la décision consultée par l'AFP.
Les trois sites de Saint-Etienne, Custines (Meurthe-et-Moselle) et Hagondange (Moselle), où l'ambiance était particulièrement lourde, sont promis à la liquidation.
Une seule usine va être reprise, celle de Leffrinckoucke, près de Dunkerque, permettant de sauver 145 emplois seulement sur 696 dans l'ensemble du groupe.
La chambre commerciale du tribunal judiciaire n'a pas étayé sa décision. Le jugement et ses motivations devraient être transmis dans la semaine.
Le reprise prendra effet à compter du 1er décembre, selon des sources syndicales.
"Cette décision ouvre une nouvelle étape pour l'entreprise et assure la poursuite de son activité dans la durée", a réagi le consortium dans un communiqué.
L'autre candidat, l'industriel français Europlasma, proposait de reprendre tous les sites de Novasco, mais au prix de licenciements massifs à Hagondange où seuls 75 emplois auraient été sauvés sur plus de 400. Son dossier a toutefois "présenté des faiblesses", selon l'un des avocats du Comité central d'entreprise, Laurent Paté.
- "Ecoeurés" -
A l'aciérie d'Hagondange, plus grand site du groupe avec 434 salariés, "les gens sont écoeurés", a réagi Kader Kaoulai, ouvrier au laminoir : "on avait un petit espoir mais malheureusement, on est tous écœurés, dégoûtés. Il n'y a plus rien, Hagondange est mort".
Après l'annonce de la nouvelle par Yann Amadoro, délégué syndical CGT, le drapeau Novasco a été descendu du mât de l'usine, devant les grands bureaux, et incendié, a constaté un photographe de l'AFP.
Plus tôt, le gouvernement a annoncé qu'il allait poursuivre en justice le fonds d'investissement britannique Greybull, un repreneur "voyou" tenu pour responsable de la situation critique de l'aciérie Novasco.
Dans une interview exclusive à l'AFP, le ministre délégué chargé de l'Industrie, Sébastien Martin, a déclaré qu'il allait "saisir les tribunaux" contre Greybull qui avait repris le métallurgiste en 2024 et n'a pas tenu ses engagements.
Greybull n'avait injecté que 1,5 million sur les 90 millions d'euros promis, tandis que l'Etat avait rempli globalement son engagement d'investir 85 millions.
"J'estime qu'il doit aux salariés, aux habitants d'Hagondange et à tout ce territoire 88,5 millions d'euros", a souligné Sébastien Martin.
- "Non sens" -
"C'est du vent tout ça. On sait très bien que ces procédures-là, ça va durer deux ans, trois ans, quatre ans. C'est pas ça qui va nous donner l'espoir", a commenté l'ouvrier Kader Kaoulai.
"Ça fait quatre mois qu'on est en procédure, ça fait quatre mois que tout le monde sait que Greybull est défaillant dans les engagements. Ça fait depuis le mois d'avril qu'on demande à l'Etat d'actionner des menaces juridiques sur Greybull pour faire pression... Mieux vaut tard que jamais", a lâché M. Amadoro.
Novasco, qui fabrique des aciers spéciaux, notamment pour le secteur automobile, en est à son quatrième redressement judiciaire depuis 2014.
Ses déboires ne sont pas uniques en Europe, où l'industrie sidérurgique multiplie les plans de licenciements, souffrant entre autres de la concurrence chinoise, des coûts élevés de l'énergie, ainsi que des difficultés des constructeurs automobiles, gros consommateurs d'acier.
L'épilogue est particulièrement douloureux pour les métallos de l'usine de Moselle et tout le département déjà durement éprouvé par la désindustrialisation.
Les salariés se battent désormais pour obtenir des conditions de départ améliorées.
Pour les syndicats, la disparition de l'aciérie électrique de Moselle s'apparente à un "non-sens écologique et stratégique" dans un secteur où il est difficile de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
I.Matar--SF-PST