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Visite d'Etat, acte II: Macron rencontre Starmer et la communauté des affaires à Londres
Le président français Emmanuel Macron poursuit mercredi sa visite d'Etat au Royaume-Uni par un entretien avec le Premier ministre Keir Starmer, après avoir célébré la veille avec le roi Charles III "l'entente amicale" entre les deux pays.
Au lendemain d'une première journée consacrée essentiellement au faste royal, avec procession en calèche et dîner d'Etat dans le décor somptueux du château de Windsor, le chef de l'Etat et son épouse Brigitte vont d'abord s'incliner sur la tombe d'Elizabeth II, décédée en 2022.
Il s'agit de la première visite d'Etat d'un président français au Royaume-Uni depuis Nicolas Sarkozy en 2008 et de la première d'un chef d'Etat de l'Union européenne depuis le Brexit en 2020.
Mardi soir, le souverain a souligné que l'amitié entre le Royaume-Uni et la France était "essentielle à la préservation des libertés et de la paix en Europe", face à une "multitude de menaces".
Les deux pays, qui avaient déjà renoué en 2023 après les tensions liées au Brexit, à l'occasion d'une visite d'Etat du roi et d'un sommet avec le Premier ministre Rishi Sunak en France, ont proclamé une nouvelle ère d'"entente amicale", à l'image de "l'Entente cordiale" scellée en 1904.
Emmanuel Macron a souligné que Paris et Londres étaient "aux avant-postes de la défense de la sécurité de notre continent et de ses valeurs démocratiques".
- "Faire la différence" -
Dans l'après-midi, le chef de l'Etat qui s'exprimait, honneur rare, devant le Parlement au palais de Westminster, avait déjà appelé la France et le Royaume-Uni à "travailler ensemble" pour protéger l'ordre mondial hérité de 1945, à commencer par l'Ukraine, en renforçant les liens entre Londres et l'Union européenne.
"Le Royaume-Uni et la France doivent aujourd'hui de nouveau montrer au monde que notre alliance peut faire toute la différence", a-t-il lancé.
Pour ce faire, le président français a promis des résultats "tangibles" durant la visite en matière de coopération économique, de défense, et de lutte contre l'immigration, un sujet souvent source de tensions entre les deux pays.
Il va évoquer mercredi ces enjeux autour d'un déjeuner avec Keir Starmer, avant un sommet jeudi des deux dirigeants et d'une douzaine de ministres concernés.
Sur le front économique, l'Elysée a déjà annoncé que l'énergéticien public EDF allait prendre une participation de 12,5% dans la future centrale nucléaire britannique de Sizewell C, dans l'est de l'Angleterre.
Mercredi matin, le président français va échanger avec des entrepreneurs et scientifiques sur l'intelligence artificielle à l'Imperial College de Londres.
Il rencontrera aussi la communauté d'affaires lors d'un dîner organisé en son honneur au Guildhall, bâtiment historique de la City, en présence de 650 convives.
- "Changement d'échelle" -
"Une nouvelle ère" post-Brexit s'ouvre pour une collaboration plus poussée", a affirmé mardi à l'AFP le lord-maire de Londres Alastair King, représentant de la City.
La puissante place financière cherche à défendre son attractivité, surtout depuis le Brexit, face à la concurrence de ses rivales européennes, après avoir connu une série de revers ces dernières années.
Le chef de l'Etat se rendra aussi au British Museum pour sceller l'annonce du prêt au Royaume-Uni de la célèbre tapisserie de Bayeux, symbole quasi-millénaire des relations longtemps belliqueuses entre l'Angleterre et le continent.
Elle sera exposée au British Museum entre septembre 2026 et juin 2027. En échange, le musée britannique va prêter à la France des pièces issues notamment du trésor de Sutton Hoo, un des joyaux de sa collection.
Côté défense, "nous franchirons une nouvelle étape qui changera l'échelle de (notre) coopération", a promis Emmanuel Macron devant le Parlement.
La coopération militaire entre les deux pays repose sur les accords de Lancaster House, signés en 2010, qui comprennent un volet nucléaire, la mise en place d'une force expéditionnaire conjointe et la fabrication en commun de missiles.
Côté britannique, les attentes sont fortes sur la lutte contre l'immigration clandestine, après un nombre record d'arrivées de migrants par la Manche depuis janvier (plus de 21.000).
I.Yassin--SF-PST