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Le Sénat américain sous pression avant de voter la loi budgétaire de Trump
Donald Trump a mis un nouveau coup de pression sur les sénateurs américains réunis en session nocturne marathon et qui pourraient se prononcer mardi à l'aube sur son grand projet de loi budgétaire.
"L'échec à le faire adopter signifie une énorme augmentation d'impôts de 68%, la plus grande de l'histoire !!!", a mis en garde, possiblement à quelques heures du vote crucial au Capitole, le président sur son réseau Truth social.
Même si les Républicains disposent d'une majorité aux deux chambres du Congrès, l'issue du vote reste incertaine, certains d'entre eux critiquant les coupes dans les mesures sociales censées compenser les baisses d'impôts. Et la tension a réactivé la dispute opposant Donald Trump et son ancien allié Elon Musk.
Le président n'est pas avare de superlatifs pour vanter sa "grande et belle loi", comme il l'a baptisée. Elle "offre les plus grandes réductions d'impôts et une sécurité frontalière jamais vues, des millions d'emplois, des augmentations pour l'armée et les vétérans, et bien plus encore", a-t-il assuré dans un message matutinal.
Cette loi est l'un de ses objectifs majeurs depuis son retour à la Maison Blanche en janvier et doit représenter une victoire législative majeure pour le républicain de 79 ans.
Mais, avant de l'adopter, les sénateurs sont engagés dans un marathon législatif: des dizaines d'amendements au texte sont soumis au vote dans l'hémicycle.
L'objectif pour les Démocrates consiste à retarder au maximum le vote final, mais aussi à faire rejeter par les Républicains des propositions souvent très populaires auprès des électeurs américains.
Cette session de longue haleine occupe les sénateurs depuis lundi matin à Washington et un vote sur le projet de loi dans son ensemble ne devrait pas avoir lieu avant les premières heures de la journée de mardi.
La navette parlementaire fera ensuite revenir le texte devant la Chambre des représentants, qui a déjà adopté sa propre version, pour une adoption finale.
- "Solides et unis" -
Le temps presse avant le 4 juillet, jour de la fête nationale, que Donald Trump a fixé comme échéance symbolique afin que la "One Big Beautiful Bill" arrive sur son bureau pour promulgation.
Depuis près d'une semaine, le président pousse publiquement les sénateurs à adopter rapidement le texte.
Celui-ci prévoit la prolongation de crédits d'impôt massifs adoptés lors du premier mandat de Donald Trump, mais aussi l'élimination de l'imposition sur les pourboires, ou encore des milliards de dollars supplémentaires pour la défense et la lutte contre l'immigration.
Le Bureau budgétaire du Congrès, chargé d'évaluer de manière non partisane l'impact des projets de loi sur les finances publiques, estime que le texte augmenterait la dette publique de plus de 3.000 milliards de dollars d'ici 2034.
L'extension des "crédits d'impôt Trump" coûterait à elle seule 4.500 milliards. Pour la compenser en partie, les Républicains ont prévu notamment de sabrer dans Medicaid, programme public d'assurance santé dont dépendent des millions d'Américains aux revenus modestes.
Ils ont prévu aussi de réduire fortement le programme Snap, principale aide alimentaire du pays, et de supprimer nombre d'incitations fiscales aux énergies renouvelables adoptées sous Joe Biden.
- "Cochons" -
L'opposition démocrate ne cesse de critiquer les réductions d'impôt pour les plus riches au détriment de classes moyennes et populaires déjà accablées par l'inflation.
"Ce projet de loi, comme nous l'avons dit depuis des mois, vole les soins de santé des gens, fait bondir leur facture d'électricité, et leur prend leur boulot, tout ça pour payer des crédits d'impôt aux milliardaires", a dénoncé lundi Chuck Schumer, chef des démocrates au Sénat.
Des conservateurs affichent aussi publiquement leurs réticences à certains aspects du projet de loi. Le sénateur républicain Thom Tillis a ainsi déclaré qu'il s'opposerait au texte, avertissant que la réforme de Medicaid ferait "souffrir nos populations et hôpitaux ruraux".
D'autres conservateurs ont aussi exprimé leur forte opposition à la "One Big Beautiful Bill", comme le milliardaire Elon Musk, ancien proche allié de Donald Trump.
"Il est évident, vu les dépenses ahurissantes du texte - qui augmente de manière record le plafond de la dette de 5.000 MILLIARDS DE DOLLARS -, que nous vivons dans un pays au parti unique: le parti des cochons qui se goinfrent", a dénoncé sur X lundi le patron de SpaceX et Tesla, anciennement chargé de sabrer dans les dépenses de l'Etat fédéral avec sa commission Doge.
L'homme le plus riche de la planète a mis en garde: si le texte est adopté, il lancera un nouveau parti et financera la campagne aux primaires républicaines de candidats opposés aux parlementaires actuels.
La querelle entre les deux milliardaires est apparue ravivée mardi. Sur son réseau social, Donald Trump a critiqué son ancien allié pour les subventions qu'il touche de l'Etat américain, sans lesquelles, selon le président, "il devrait fermer boutique et retourner chez lui en Afrique du Sud".
Z.Ramadan--SF-PST