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Philippe Salle, nouveau PDG au chevet de l'"enfant malade" Atos
A peine sorti d'une période de restructuration financière, le groupe informatique Atos s'apprête à accueillir lundi son nouveau PDG Philippe Salle, qui n'a pas encore annoncé son plan stratégique pour le géant en difficulté.
Nommé président du conseil d'administration en octobre, l'homme acquerra officiellement sa nouvelle double casquette samedi, avant son entrée effective en fonction lundi.
"Je suis conscient des défis qui nous attendent, mais aussi des atouts du groupe, de la qualité de ses services à l'engagement permanent de ses collaborateurs, qui nous permettront, ensemble, d'ouvrir un nouveau chapitre de l'histoire du groupe", avait déclaré Philippe Salle dans un communiqué diffusé par Atos à l'annonce de sa nomination.
Une intronisation soumise à la formalité d'une validation vendredi de l'assemblée générale des actionnaires du groupe, après une période de "transition harmonieuse" auprès de son prédécesseur Jean-Pierre Mustier.
Issu d'une formation d'ingénieur de l'école des Mines et passé par la direction du groupe immobilier Foncia, de l'entreprise de restaurant Elior Groupe ou encore du groupe français de conseil en technologies Altran, le nouveau PDG n'est pas un pur profil tech.
Il a néanmoins offert des gages de son engagement auprès du groupe en officialisant un investissement au capital d'Atos d'"au moins neuf millions d'euros", afin de participer à la restructuration financière.
Mais le "nouveau chapitre" promis par Philippe Salle reste à ce jour encore inconnu: le futur patron n'a rien annoncé de son plan stratégique pour le groupe, dont les résultats annuels seront publiés début mars. Sollicité par l'AFP, le dirigeant n'a pas souhaité s'exprimer.
- Changements de gouvernance répétés -
Après un plan de restructuration achevé en décembre et qui a permis d'alléger la dette brute du groupe, qui pesait à l'origine près de 5 milliards d'euros, de 2,1 milliards d'euros, les marchés comme les salariés restent dans l'expectative.
En arrivant chez Atos, "M. Salle vient au chevet d'un enfant malade", commente auprès de l'AFP Lionel Melka, associé-gérant chez Swann Capital, qui juge le découpage de l'entreprise en plusieurs entités "inéluctable".
Le groupe, qui a perdu plus de 90% de sa valeur en bourse en 2024, a vu se succéder les rachats et les projets de rachat non aboutis de ses activités.
Après un feuilleton de plusieurs mois au terme duquel le consortium mené par l'entreprise Onepoint de David Layani puis le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky de l'autre avaient renoncé à reprendre l'entreprise, un accord de reprise avait finalement était trouvé par les créanciers du groupe.
Mais l'entreprise a continué à mener des projets de cession. Début décembre, elle a notamment vendu sa filiale Worldgrid, qui conçoit des systèmes de pilotage de centrales nucléaires, au groupe français Alten.
Atos a également annoncé fin novembre être entré en négociations exclusives avec l'Etat pour la cession des activités stratégiques de sa branche "Advanced Computing", qui comprennent notamment des supercalculateurs utilisés pour la dissuasion nucléaire. Des négociations ouvertes jusqu'à fin mai.
Au sein de l'entreprise, les syndicats espèrent en savoir bientôt davantage sur les projets du nouveau patron.
D'autant que la gouvernance du groupe a connu ces dernières années de nombreux changements. En trois ans, pas moins de cinq hommes se sont succédé au poste de directeur général, et plusieurs d'entre eux ont attiré des critiques en interne pour leur profil financier ou leur manque de "vision stratégique".
"On espère qu'il va rester, mais nous n'avons aucune garantie", explique à l'AFP Fabrice Lorioux, délégué syndical Unsa.
Le nouveau PDG pourrait avoir à répondre à des interrogations au sujet d'un dossier entre les mains de la justice: début décembre, un salarié de l'entreprise représenté par Me Sophie Vermeille a fait parvenir un signalement sur les pratiques du groupe, pointant des versements à des cabinets de conseil à hauteur de plusieurs centaines de millions d'euros.
C.AbuSway--SF-PST