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La population française augmente légèrement, le nombre de bébés reste au plus bas
Légèrement plus d'habitants mais toujours moins de bébés: la France compte depuis le début de l'année 68,6 millions d'habitants, soit une petite progression de 0,25% sur un an, limitée par une nouvelle baisse de la natalité et une hausse de la mortalité.
Au 1er janvier 2025, 68.606.000 personnes vivaient en France, dont 2,3 millions dans les cinq départements d'outre-mer, selon des données publiées mardi par l'Insee.
La population a augmenté de 0,25%, un rythme "très légèrement inférieur" à celui de 2023 et 2022.
Cette croissance de la population est principalement liée au solde migratoire (estimé à +152.000 personnes), soit la différence entre le nombre personnes entrées et celles sorties du territoire.
Elle a également été tirée par le solde naturel de la population, à savoir la différence entre naissances et décès.
Ce solde est tout juste positif: +17.000 personnes. Il atteint son "plus bas niveau depuis la fin de la Seconde guerre mondiale", précise l'Institut national de la statistique dans son bilan démographique annuel.
Cette situation s'explique par deux facteurs: la baisse des naissances et la hausse de la mortalité.
"Si les naissances annuelles restent sous la barre des 700.000, le solde naturel deviendra négatif", a commenté lors d'une conférence de presse Sylvie Le Minez, cheffe de l'unité des études démographiques. "Mais on ne sait pas comment elles vont évoluer, il y a eu des retournements à plusieurs reprises".
- Fécondité affaiblie -
En 2024, 663.000 bébés ont vu le jour dans le pays, soit 2,2% de moins que l'année précédente, ce qui correspond au plus faible nombre de naissances sur un an depuis 1946. La natalité était déjà au plus bas depuis cette période l'année précédente.
Ce nouveau repli est surtout dû au recul de la fécondité, selon l'Insee.
Comme en 2023, le taux de fécondité a diminué chez les femmes de moins de 40 ans.
Les démographes évoquent diverses explications: les personnes ont d'autres aspirations que fonder une famille ou elles sont freinées par des inquiétudes liées aux incertitudes économiques, politiques ou climatiques.
Dans ce contexte, l'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) baisse encore lui aussi: il s'est établi à 1,59 enfant par femme en métropole en 2024, soit son plus bas niveau depuis plus d'un siècle. Il était de 1,59 en 1919, à l'issue de la Première guerre mondiale.
Cette évolution s'inscrit dans le moyen terme: cet indice diminue depuis 2010, lorsqu'il s'élevait à 2,02 enfants par femme en France métropolitaine.
Prenant acte du recul de la natalité, l'Union nationale des associations familiales (Unaf) a appelé le gouvernement à "relancer une politique familiale", en réformant le "congé parental" et en adaptant "la prise en compte fiscale" de la "charge d'enfant".
"L'enfant n'a pas de prix, mais il engendre des coûts et nécessite du temps pour les parents", a-t-elle souligné dans un communiqué.
- Décès en hausse -
En 2024, on comptabilise également 646.000 décès, un nombre en progression de 1,1%, en raison de "l'arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges de forte mortalité".
"La mortalité retrouve des niveaux attendus", après quelques années perturbées par la crise du Covid, a observé Sylvie Le Minez.
En ce qui concerne la pyramide des âges, au 1er janvier 2025 en France, 21,8% des habitants ont au moins 65 ans, contre 16,3% en 2005.
Les moins de 15 ans représentent eux 16,7% de la population, une part en légère diminution du fait de la baisse des naissances.
Quant à l'espérance de vie à la naissance, elle s'est stabilisée à un "niveau historiquement élevé": 85,6 ans pour les femmes et 80,0 ans pour les hommes.
Depuis le milieu des années 1990, elle croît moins vite pour les femmes que pour les hommes, réduisant ainsi l'écart entre les deux sexes, passé de 7,1 ans en 2004 à 5,6 ans en 2024.
A noter, 247.000 mariages ont été célébrés en France l'an dernier, dont 240.000 entre personnes de sexe différent et 7.000 entre personnes de même sexe. Leur nombre augmente légèrement (+2%), alors que la tendance était à la baisse avant la crise sanitaire, selon l'Insee.
Le nombre de Pacs a lui reculé de 3% pour s'établir à 204.000 en 2023, un niveau toutefois élevé.
G.AbuOdeh--SF-PST