-
Violences conjugales : le procès du rappeur Doums renvoyé en mai 2027
-
Le patron de la NFL affiche sa "confiance" avant le match à Paris, malgré les récentes violences
-
Ligue des champions: le Real Madrid fait plier Leipzig avec des bijoux de Mbappé et Diomandé
-
Ligue des champions: le Bayern et Arsenal dos à dos après un match spectaculaire
-
Ligue des champions: Lens coule dans la Venise du Nord
-
Ukraine: la diplomatie est relancée, Trump se réjouit, Moscou temporise
-
Meta : chiffre d'affaires supérieur aux attentes au 3eT, bénéfice amputé par 10 milliards de frais judiciaires
-
Le bénéfice de Tesla s'est replié au troisième trimestre, pari sur l'IA et l'autonomie
-
Sanction record de 25 milliards contre Meta pour avoir trompé les utilisateurs américains de Facebook
-
eBay va supprimer 1.000 postes, soit environ 9% de ses effectifs
-
Le pape n'aura pas besoin de traitement après son opération pour un cancer, selon ses médecins
-
Wall Street clôture en hausse, appétit retrouvé pour l'IA
-
Wami, l'emblématique rhinocéros du Zoo de Paris s'est envolé pour le Mexique
-
Orange annonce un rétablissement de son réseau mobile
-
Elections au Brésil : des experts de l'ONU exhortent Meta à protéger la liberté d'expression
-
Ligue des champions : d'abord renversant, Lille sombre face à Galatasaray
-
Thélyson Orélien a utilisé l'IA, selon son éditeur canadien
-
La Russie et l'Ukraine prêtes à de prochaines négociations à trois avec les Américains
-
Des failles logicielles repérées par IA provoquent la mise hors ligne de milliers de sites internet
-
Panne nationale majeure sur le réseau mobile d'Orange
-
L'Égypte met en avant un soutien purement défensif à Ryad, sans attaque au Yémen
-
Mort de Maradona : la défense plaide l'innocence du médecin accusé principal, "bouc émissaire"
-
Panne nationale sur le réseau mobile d'Orange
-
Plusieurs sites français inaccessibles afin de corriger des failles de sécurité
-
"Phony", la série de Nick Paley inspirée par ses peurs d'enfant
-
Corée du Nord : déploiement de "nouvelles unités de tir", retour des hauts-parleurs
-
Pourquoi le Chili produit moins de cuivre alors que la demande mondiale explose ?
-
Procès Maradona : la défense plaide l'innocence du médecin accusé principal, selon elle "bouc émissaire" de l'affaire
-
La Bourse de Paris finit en hausse après une série de résultats, le taux français au-dessus des 5 %
-
Audiovisuel public : le gouvernement prend des mesures pour renforcer l'impartialité
-
Incendies en Indonésie : le président dénonce les "insultes" de l'étranger et un "terrorisme environnemental" interne
-
L'Assurance chômage s'inquiète de la conjoncture et d'une ponction de l'Etat
-
Du boycott aux urnes, les Druzes du Golan se rapprochent d'Israël
-
Macron en visite éclair à Riyad, ultime étape de sa tournée dans le Golfe
-
À Madrid, Milei traite Sánchez de "dictateur", l'Espagne dénonce une "ingérence étrangère"
-
El Niño pourrait "dépasser littéralement les échelles de suivi" actuelles, selon l'ONU
-
Ukraine : le Kremlin prêt à des négociations trilatérales mi-novembre
-
Le gouvernement britannique approuve le forage controversé d'un champ gazier en mer du Nord
-
Soudan-Egypte : la mine d'or visée par des frappes meurtrières à la frontière localisée par satellite
-
Dette : le taux d'emprunt de la France à dix ans au plus haut depuis 2002
-
XV de France : Grégory Alldritt fait son retour pour préparer les matches de novembre
-
Rendez-vous à Rome ? L'UE veut se délocaliser pour les 70 ans d'un traité
-
Wall Street profite des résultats d'entreprises, SpaceX en tête
-
Les syndicats ressortent déçus de Matignon, Macron appelle à "la fermeté"
-
Cinq choses à savoir sur DeepSeek, le champion chinois de l'IA
-
Droits TV de la L1: un appel d'offres anticipé pour séduire de nouveaux acteurs
-
Le syndicats ressortent déçus de Matignon, Macron appelle à "la fermeté"
-
La Russie libère l'Américain Stephen Hubbard, Trump nie toute "contrepartie"
-
Le patron de Nvidia exhorte l'Europe à déployer plus rapidement l'IA dans l'industrie
-
Au Nigeria, le "choc" après l'annonce d'un premier cas d'Ebola de souche Bundibugyo
A Calais, des humanitaires à bout de souffle face aux naufrages meurtriers
Arpenter le littoral la nuit pour recueillir des migrants en déroute, fournir repas, couvertures ou informations: des centaines de travailleurs et bénévoles humanitaires tentent d'atténuer la précarité des candidats à l'exil vers l'Angleterre, avec un désarroi grandissant face aux tragédies récurrentes.
"C'est pas comme ça qu'on sauve des vies...", s'émeut Thomas Chambon, coordinateur de l'association Utopia 56, découvrant un canot semi-rigide en feu sur la plage du Portel (Pas-de-Calais), signe d'un départ empêché par les forces de sécurité.
Il est 06H00 du matin et, les yeux rouges de fatigue après quatre heures de maraude le long du littoral pour secourir d'éventuels migrants en détresse, il se désespère d'une "mise en danger claire et nette".
Une quinzaine de palets de grenades lacrymogènes gisent autour de l'embarcation, six à l'intérieur. Quelques minutes plus tôt, deux policiers ont éloigné des flammes les bidons d'essence pleins et le moteur.
Selon un Syrien qui devait monter à bord, "des familles avec enfants" se trouvaient près du canot lorsqu'il a pris feu.
Révolté, Nikolaï Posner, ex-salarié d'Utopia 56 devenu bénévole, se dirige au pas de course vers des CRS à proximité.
Le ton monte. "Nous avons sauvé des vies ce soir, monsieur", coupe court un imposant CRS.
"De plus en plus de gens meurent", rétorque l'humanitaire. Quarante-six personnes ont perdu la vie dans des tentatives de traversée depuis le 1er janvier, pire bilan depuis le début du phénomène des "small boats" en 2018. "L'impuissance nous pèse", souffle-t-il.
- Burn-out et dépression -
Sur le littoral français, depuis un quart de siècle, militants et habitants tentent de répondre aux besoins fondamentaux de familles venues d'Europe de l'Est puis du Moyen Orient, d'Afrique et d'Asie, dans l'espoir de rejoindre l'Angleterre après un périple souvent éreintant.
Une tâche sans fin, alors que les conditions de survie dans des campements boueux régulièrement évacués sont particulièrement précaires et les traversées de plus en plus dangereuses.
Après une série de naufrages, de nombreux militants associatifs reconnaissent pudiquement que l'été a été "difficile", voire "très difficile" moralement.
Thomas Chambon, 42 ans, a "perdu l'envie d'aller voir la mer quand il fait beau", de crainte de voir un naufrage ou une intervention policière. Il a "peur qu'on (lui) demande comment ça va": "pas envie de raconter mes journées, de les revivre".
C'est d'ailleurs pour "prendre du recul" que Nikolaï Posner a démissionné d'Utopia 56 il y a deux mois, face à "ce cycle permanent de violence, de souffrance, de détresse" qui a "fait partie de (sa) vie 100% du temps pendant quatre ans".
A chaque naufrage, Feyrouz Lajili, coordinatrice pour Médecins sans frontière (MSF) à Calais, a le "coeur qui se serre": "Est-ce que ce sont des personnes qu'on a suivies? Des personnes qu'on connaît? Des mineurs?"
Ces événements peuvent provoquer différents troubles, qu'énumère Diana Galindo, coordinatrice médicale chez MSF: "burn-out", "troubles de type dépressif ou anxieux", "fatigue compassionnelle" soit l'incapacité d'absorber davantage de récits traumatiques ou encore "traumatisme vicariant", un syndrome post-traumatique à l'écoute de récits de victimes.
Face à ces risques psychosociaux, chaque association a ses méthodes: MSF fournit un suivi psychologique, d'autres imposent des vacances loin du littoral.
- "Ici, ils vont m'aider" -
De nombreuses organisations ont souligné, dans une tribune publiée par Le Monde en septembre, que "ce n'est pas aux associations de pallier l'inconséquence" de la politique migratoire "mortifère" de la France et du Royaume-Uni, appelant l'Etat à mieux accompagner les victimes.
"L'Etat n'a pas à rougir de tout ce qui est déployé pour accompagner les personnes migrantes", leur répond Agathe Cury, sous-préfète de Calais.
Une association mandatée par l'Etat, l'Audasse, permet à certains exilés d'être hébergés. Une autre, La Vie active, offre douches et repas.
Nombre d'exilés soulignent l'absolue nécessité du travail des associations.
"Ils vont m'aider, me donner un endroit où dormir, de la nourriture, des vêtements", espère Ali Mohamed, Irakien qui attend d'être dirigé vers un centre d'hébergement.
Adamali, Soudanais de 42 ans aux élégantes lunettes, charge son téléphone sur un bloc de prises mises à disposition par quelques humanitaires du Channel Info Project (Chip).
Ils sortent enceinte et jeux de société. Un enfant aux longs cheveux châtains saute de joie lorsqu'il terrasse son père au Puissance 4.
"Sans les ONG, je ne sais pas comment les gens feraient ici", souligne Adamali. "Ils nous aident à rester en vie".
Coordinatrice de projet chez Chip, Mathilde Bequaert tempère. "On n'est pas du tout indispensables pour eux, ils sont arrivés là sans nous."
Derrière elle, sept Syriens se prennent par les mains, en arc-de-cercle, et dansent en tapant du pied en rythme.
Une immense majorité finiront par tenter la traversée. Julie Piedbois, de l'Audasse, concède: "Ils voient seulement la trentaine de kilomètres qui les séparent de l'Angleterre. Pour eux c'est un rêve (...) On ne peut pas les empêcher."
B.Khalifa--SF-PST