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Biden et Harris en campagne ensemble pour la première fois, pour fêter une victoire économique
Joe Biden et Kamala Harris, engagés dans un pas de deux délicat depuis que la vice-présidente a remplacé le président dans la course à la Maison Blanche, font pour la première fois campagne ensemble jeudi, dans l'élan d'une victoire économique.
Tous deux vont célébrer dans le Maryland, un Etat frontalier de la capitale Washington, une baisse "historique" du prix de dix médicaments contre le diabète, les caillots sanguins ou les troubles cardiaques, annoncée dans un communiqué commun.
Joe Biden comme Kamala Harris doivent prononcer des discours à 17h30 GMT.
Il s'agit d'un déplacement officiel, non d'un événement organisé par le parti, mais c'est bien la première fois que tous deux font campagne ensemble depuis le 21 juillet, date à laquelle le démocrate de 81 ans a renoncé à briguer un second mandat, et appelé à serrer les rangs derrière la vice-présidente de 59 ans.
La réforme annoncée jeudi va permettre dès la première année, en 2026, d'économiser 1,5 milliard de dollars pour les assurés concernés, des Américains de plus de 65 ans, et 6 milliards de dollars pour les contribuables, selon la Maison Blanche.
Joe Biden aurait pu s'attribuer seul le mérite, puisque l'annonce découle de l'une de ses lois phares, appelée "Inflation Reduction Act", un pharaonique plan d'investissements dans la transition énergétique et le pouvoir d'achat.
- Programme économique -
Mais le démocrate de 81 ans y a associé la candidate de 59 ans, à moins de trois mois du scrutin qui l'opposera au républicain Donald Trump.
La vice-présidente, à laquelle le communiqué fait même plus de place qu'au président, promet: "Nous ne nous arrêterons pas là".
Kamala Harris doit dévoiler vendredi les grandes lignes de son programme économique et l'annonce de jeudi vient à point nommé dans un domaine où elle est vulnérable: le pouvoir d'achat.
L'inflation recule aux Etats-Unis et la croissance reste robuste, mais cela n'empêche pas Donald Trump de reprocher constamment à ses adversaires d'avoir écrasé les ménages par un coût de la vie insupportable.
"Durant près de quatre ans, Kamala n'a fait que se marrer, tandis que l'économie américaine s'enfonçait dans la crise", a lancé le candidat républicain lors d'un meeting mercredi.
- Début énergique -
Le milliardaire développe désormais un autre angle d'attaque, en insistant sur l'animosité qui existe selon lui entre les deux dirigeants démocrates.
Dans un message jeudi sur sa plateforme Truth Social, il a reproché à la vice-présidente d'avoir "volé" la nomination et monté un "putsch" contre le président.
Donald Trump a aussi ironisé sur le fait que Joe Biden s'exprimerait lundi au premier soir de la convention d'investiture démocrate à Chicago, selon lui une date très ingrate en termes d'audience, qu'il a qualifiée de "vallée de la mort".
Le président et la vice-présidente ont entamé un pas de deux délicat depuis le retrait de la candidature de Joe Biden.
Sur le plan protocolaire, ce dernier a toujours la précédence et il entend vanter jusqu'au bout son bilan, selon lui injustement sous-estimé par la presse.
Mais en renonçant à sa candidature, il a perdu tout capital politique, surtout au vu de l'indiscutable élan pris par la vice-présidente, qui a redonné espoir au parti démocrate avec son début de campagne énergique.
Kamala Harris a réussi à rattraper, voire dépasser légèrement, Donald Trump selon les sondages menés dans certains Etats clés, ce que Joe Biden, plombé par les inquiétudes sur son âge, n'avait jamais réussi à faire.
La vice-présidente doit tracer sa propre voie, sans renier les politiques menées par celui qu'elle seconde depuis janvier 2021 et dont certaines, sur le plan économique, ne produiront pleinement leurs effets que dans plusieurs années.
Kamala Harris ne voudra sans doute pas s'appuyer outre mesure sur ce président impopulaire, certes doté d'un certain capital sympathie auprès des démocrates, mais incapable de chauffer les salles à la manière de l'ancien président Barack Obama, qui s'exprimera aussi à Chicago la semaine prochaine.
K.AbuTaha--SF-PST