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Report du décollage vers la Lune pour une nouvelle entreprise américaine
Après l'échec de la tentative d'alunissage d'une première entreprise américaine le mois dernier, une autre société a dû reporter à jeudi un décollage de Floride pour la Lune, conservant toujours l'espoir de devenir la première firme privée à réussir à s'y poser.
La mission, nommée IM-1, prévoit l'envoi d'un alunisseur de plus de quatre mètres de haut développé par l'entreprise texane Intuitive Machines, fondée en 2013.
L'engin sera lancé par une fusée Falcon 9 de SpaceX et le décollage se déroulera dans la nuit de mercredi à jeudi à 01H05 (06H05 GMT) au Centre spatial Kennedy, a indiqué la NASA, l'agence spatiale américaine, mentionnant un problème de température du méthane pour expliquer le report.
"C'est un moment de grande fierté pour nous tous à Intuitive Machines", avait déclaré mardi lors d'une conférence de presse Trent Martin, vice-président en charge des systèmes spatiaux pour l'entreprise.
"La possibilité de permettre le retour des Etats-Unis sur la Lune pour la première fois depuis 1972", date de la fin du programme Apollo, "est un accomplissement technologique qui réclame une soif d'exploration", avait-il ajouté.
Après le décollage, l'alunisseur devra se détacher de l'étage supérieur de la fusée et être mis sous tension. Puis la communication devra être établie avec la salle de contrôle d'Intuitive Machines, située à Houston au Texas.
Il s'agit de la première tentative lunaire pour Intuitive Machines, mais de la deuxième dans le cadre du nouveau programme CLPS de la Nasa, qui a chargé des sociétés privées d'emporter sur la Lune du matériel scientifique, afin d'y préparer le retour d'astronautes.
En janvier, l'entreprise Astrobotic avait échoué à atteindre la Lune à cause d'une fuite de carburant, et son alunisseur avait dû être volontairement détruit en vol.
La Nasa assume le risque d'échec de ces missions, confiées à de jeunes sociétés. Mais, selon elle, le jeu en vaut la chandelle: en s'appuyant sur le secteur privé comme simple cliente à bord de véhicules ne lui appartenant pas, l'agence spatiale dit pouvoir envoyer davantage de matériel, plus fréquemment et pour moins cher.
Outre six instruments de la Nasa, l'alunisseur emporte également six chargements privés, dont des sculptures de l'artiste contemporain Jeff Koons représentant les phases de la Lune.
- La semaine prochaine -
Si tout fonctionne correctement, l'alunisseur tentera de se poser sur la Lune la semaine prochaine, le 22 février.
Grâce au carburant utilisé (oxygène et méthane liquides), permettant d'installer un "très gros moteur", le voyage jusqu'à la Lune se fait "très rapidement", a expliqué Trent Martin.
Le modèle de cet alunisseur est nommé Nova-C, et l'exemplaire utilisé pour cette première mission a été baptisé Odysseus.
Le lieu d'atterrissage prévu est un cratère près du pôle sud de la Lune, encore peu exploré.
Les six instruments de l'agence spatiale américaine embarqués doivent permettre d'étudier cet environnement particulier.
Quatre caméras observeront par exemple la phase de descente et la poussière projetée lors de l'atterrissage, afin de comparer ses effets à ceux des alunissages d'Apollo, réalisés plus près de l'équateur.
Le pôle sud de la Lune est important pour la Nasa, car c'est là que l'agence spatiale souhaite faire atterrir ses astronautes dans le cadre des missions Artémis. La raison: il s'y trouve de l'eau sous forme de glace, qui pourrait être exploitée.
Mais avec un Soleil en permanence très bas dans l'horizon, il peut aussi y faire extrêmement froid.
"Parce que l'environnement est très difficile, cela nous donnera un point de référence pour comprendre comment les panneaux solaires et les instruments y fonctionnent", a déclaré Susan Lederer, responsable de la partie scientifique du programme CLPS.
La mission Artémis 3, qui sera la première mission habitée à s'y poser, est désormais prévue pour 2026.
- Flopée de missions -
Le contrat signé par la Nasa pour cette première mission d'Intuitive Machines s'élève à 118 millions de dollars.
Deux autres missions de cette société vers la Lune, IM-2 et IM-3, sont prévues dès cette année. La Nasa est à chaque fois le "client principal", a précisé Trent Martin.
Outre Intuitive Machines et Astrobotic, une troisième société américaine, Firefly Aerospace, doit elle aussi tenter l'aventure en 2024.
Les essais d'autres compagnies, israélienne et japonaise, s'étaient soldés en 2019 et 2023 par des crashs.
Des agences nationales ont toutefois réussi à se poser sur la Lune récemment: l'Inde cet été, puis le Japon en janvier. Ils sont ainsi devenus les quatrième et cinquième pays à réussir l'opération, après l'Union soviétique, les Etats-Unis et la Chine.
H.Darwish--SF-PST