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Menace d'attentats sur le réseau SNCF: le "groupe AZF" au tribunal
Vingt ans après avoir menacé de faire exploser des bombes sur les voies ferrées si l'Etat ne lui versait pas de rançon, le "groupe AZF", composé d'un ex-chef d'entreprise à la retraite et de son ancienne employée, comparaît à partir de mardi devant le tribunal correctionnel de Paris.
Michel D., 76 ans, et Perrine R., 61 ans, formatrice en bâtiment, doivent répondre, à compter de 13H30 devant la 14e chambre du tribunal judiciaire, d'accusations d'association de malfaiteurs et de fabrication et détention sans autorisation d'engins explosifs.
L'affaire avait éclaté il y a vingt ans quand un groupe dénommé "AZF" avait assuré avoir enfoui "une série de bombes" sous le ballast de voies ferrées et promettait de les faire exploser à défaut du versement par l'Etat d'une rançon de 4 à 8 millions d'euros.
Les menaces avaient été prises très au sérieux à l'Elysée et au ministère de l'Intérieur, qui avaient reçu entre décembre 2003 et mars 2004 neuf lettres signées "AZF", un sigle jusque-là inconnu se présentant comme "groupe de pression à caractère terroriste secrètement créé au sein d'une confrérie laïque à spécificité éthique et politique".
L'affaire avait été également marquée par la rocambolesque correspondance, via la rubrique "Messages personnels" du quotidien Libération, entre "Mon gros loup" (AZF) et "Suzy" (police) afin d'organiser comme un jeu de piste le largage de la rançon par hélicoptère.
Sur les indications du groupe, les autorités avaient retrouvé le 21 février 2004 une première bombe - "sophistiquée" et en état de fonctionner - sur la ligne Paris-Toulouse à hauteur de Folles (Haute-Vienne).
Une seconde bombe avait été découverte fortuitement par un agent SNCF le 24 mars 2004 dans l'Aube, sur la voie Paris-Troyes-Bâle. Le lendemain, "AZF" annonçait par courrier aux autorités la suspension de son action, en précisant: "sans rancune et à bientôt".
Le dossier aurait pu tomber aux oubliettes sans la dénonciation, en septembre 2017, d'un proche de Perrine R. et Michel D.
Interpellés en juin 2018, ils avaient immédiatement reconnu les faits mais démenti avoir cherché à instaurer "la terreur" dans le pays, n'ayant jamais souhaité donner de publicité à leurs menaces.
Se définissant comme "un peu inventeur", l'ex-chef d'entreprise avait expliqué aux enquêteurs que la rançon devait servir à réaliser des "prototypes opérationnels pour la production et l'utilisation d'énergies nouvelles non polluantes et illimitées".
Les deux prévenus, sous contrôle judiciaire, comparaissent libres.
Leur procès est prévu jusqu'à vendredi.
J.AbuHassan--SF-PST