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Naps jugé pour viol: deux versions d'une nuit trouble dans la chambre 436
Que s’est-il passé dans la chambre 436 d’un hôtel parisien, le 1er octobre 2021 au matin, entre le rappeur Naps, accusé de viol, et une jeune femme rencontrée dans un club? Mercredi, à la veille du verdict, deux versions se sont entrechoquées devant la cour criminelle de Paris.
Si Emma (prénom modifié) affirme avoir été violée pendant son sommeil par Nabil Boukhobza, l’artiste de 15 ans son aîné, lui maintient qu’il s'agissait d’une relation "charnelle" consentie.
"Jamais de la vie, ca ne me viendrait à l’idée d’avoir un rapport avec une personne endormie, c’est lunaire ce qui se passe autour de moi aujourd’hui, c’est impossible", s'est défendu le rappeur, aujourd'hui âgé de 40 ans. "Ce n’est pas moi."
Interrogée par les trois avocats de la défense, la jeune femme de 24 ans est restée constante et n'a pas flanché: "La question, c’est pourquoi est-ce que j’ai été réveillée par une pénétration forcée ?"
"Ca fait cinq ans que j'attendais ce moment, de dire la vérité, je suis sûre de moi", confie-t-elle à l'AFP à l'issue de son audition.
Ce soir d'octobre 2021, la jeune femme est invitée avec deux amies de l’époque, Chloé et Alexandra, au club The Key par un promoteur de la soirée. Une façon "de remplir la boîte de nuit, avec alcool gratuit", explique-t-elle.
Elles sont conviées à la table de Naps, après un geste déplacé d'un de ses hôtes, un journaliste sportif, envers l'une d'elle dans le club, l'artiste voulant s'excuser de l'incident auprès d'elles.
Le groupe part ensuite en "after" au petit matin, a priori sans "connotation sexuelle", détaille encore Emma qui a consommé de l'alcool, du cannabis et du protoxyde d'azote, comme le reste du groupe.
- Version radicalement différente -
Pour l’occasion, le rappeur marseillais loue une chambre d'hôtel. Aux enquêteurs, il avait expliqué qu'un plan à trois lui "avait trotté dans la tête" et qu'il aurait pu se produire "selon le délire du moment".
À l’entrée dans la chambre, les téléphones sont interdits. "C'est courant", explique l'artiste, soucieux de sa vie privée. "Si elles ne veulent pas le donner, elles peuvent repartir."
A l'intérieur, Emma, s'assoit sur ses genoux. "Il y a eu des rapprochements dans la chambre, ça s'est fait naturellement", raconte l'accusé.
Sans se dévêtir, ils se couchent tous dans le même lit. Le rappeur est positionné entre Alexandra et Emma qui explique s’être rapidement endormie, tout comme son amie Chloé.
"Un trou noir commence", explique Emma. "Lors de la première phase d'éveil, je sens quelqu'un se frotter à moi, faire des va-et-vient, me baisser mes strings (elle en portait deux, NDLR)." "Réveillée par la pénétration" sans préservatif, elle explique avoir été "tétanisée."
Une version radicalement différente de celle de l’accusé: "Je la voyais gémir, tous les signaux (étaient) au vert", assure-t-il, expliquant s’être ensuite tourné vers Alexandra.
Pourquoi aller vers elle, l'interroge la présidente. "J'avais fini avec Emma, je voulais changer de partenaire", répond-il.
Alexandra, qui le repousse, aurait alors lancé à Chloé, réveillée par les mouvements dans le lit et qui voit le rappeur à nouveau sur Emma, cette phrase: "T’inquiète, il a une toute petite bite, ça va pas rentrer."
Depuis cette nuit, les deux jeunes femmes ne sont plus amies. Emma reproche à Alexandra de ne pas lui avoir porté assistance. Aux enquêteurs, cette dernière avait indiqué avoir eu une relation consentie avec l'accusé pour "protéger" Emma. Mais, à la barre mardi, la jeune femme a reconnu qu’elle avait menti.
Les trois jeunes femmes, dont les récits brumeux diffèrent par moments, se rejoignent cependant sur un point: Emma dormait lorsque Naps l'a pénétrée.
"Avez-vous déjà invité des filles dans des chambres d'hôtel depuis cette soirée ?", lui demande la présidente.
"C’est déjà arrivé", répond l'intéressé. Brièvement interrogé par l'avocate générale sur sa mise en examen en juillet 2024 dans le Var pour viols et agressions sexuelles après les plaintes de trois jeunes femmes, dans un contexte similaire, le rappeur répond: "Je ne vois pas le rapport".
B.Khalifa--SF-PST