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Paramount a sept jours pour convaincre Warner d'abandonner son rachat par Netflix
Le groupe de cinéma et de télévision américain Warner Bros Discovery (WBD) a débuté mardi sept jours de discussions avec son concurrent et courtisan Paramount, mais continue de préparer son union avec le géant du streaming Netflix.
"Netflix a accordé à WBD une dispense limitée (...) permettant à WBD d'engager des discussions avec Paramount Skydance pendant une période de sept jours se terminant le 23 février 2026", afin de donner à Paramount "la possibilité de présenter sa meilleure offre" qui sera "finale", a précisé Warner dans un communiqué.
Durant cette période, Warner compte aborder avec Paramount des "problèmes qui restent irrésolus et clarifier certains termes" de la dernière offre reçue, le 10 février. Le groupe, approché une première fois en septembre par Paramount, lui a notamment adressé dès mardi des "questions clés".
Netflix conserve le droit de s'aligner sur toute nouvelle offre de Paramount, a souligné Warner.
De son côté, la plateforme de streaming a expliqué dans un communiqué distinct avoir accordé cette dispense pour en finir avec les "pitreries" de Paramount Skydance, en autorisant Warner "à échanger complètement avec PSKY et à enfin mettre un terme à cette affaire".
Quelques jours après le rejet début janvier d'une offre rehaussée, Paramount a déposé plainte aux Etats-Unis contre WBD pour l'obliger à fournir plus d'informations à ses actionnaires, dans l'espoir de favoriser son offre. Il estime que le conseil d'administration de Warner a une communication biaisée favorable à Netflix.
Mais Warner a réitéré mardi sa préférence, à ce stade, pour un mariage avec Netflix et a annoncé la tenue le 20 mars de l'assemblée générale extraordinaire de ses actionnaires consacrée à cette opération.
A la Bourse de New York, vers 17H10 GMT, l'action Netflix reculait de 0,61%. Celle de Paramount bondissait de 6,64% et celle de WBD gagnait 3,20%.
- "Sécurité nationale" -
La saga du rachat de Warner a commencé officiellement fin octobre, quand le groupe s'est dit ouvert aux offres de rachat. Début décembre, il a annoncé un accord avec Netflix.
Paramount avait été le premier à manifester son intérêt mais le conseil d'administration de Warner a rejeté ses tentatives de rapprochement de manière répétée.
Paramount propose de prendre le contrôle de la totalité du groupe, avec toutes ses chaînes de télévision y compris CNN, alors que Netflix n'est intéressé que par le studio de cinéma Warner Bros et l'ensemble HBO (chaînes et plateforme de streaming HBO Max).
Si Netflix finit par emporter la mise, les activités non rachetées seront réunies dans une société indépendante et cotée, baptisée Discovery Global.
Dans ce triangle amoureux médiatique, Paramount a modifié plusieurs fois son offre et sa dernière corbeille porte sur 108 milliards de dollars, dette comprise, tandis que celle de Netflix atteint 82,7 milliards.
Ce dernier a réaffirmé mardi que son offre était "supérieure" à celle de Paramount, qu'il accuse de "manoeuvres" de distraction. Selon lui, Paramount induit en erreur les actionnaires de Warner en laissant "entendre que sa proposition passera sans encombres" en termes réglementaires.
En combinant "deux des cinq grands studios hollywoodiens, deux grands circuits de distribution en salles, deux des principaux studios de télévision, deux grandes chaînes d'information, et deux grands distributeurs sportifs", Paramount risque en effet "de préoccuper les autorités chargées de la concurrence" à travers le monde, avance Netflix.
Par ailleurs, le financement étranger de l'offre de Paramount "suscite déjà de graves inquiétudes en matière de sécurité nationale", affirme la plateforme. "Nous nous attendons à ce que les autorités gouvernementales du monde entier (...) examinent de près les investisseurs moyen-orientaux", poursuit-elle.
Paramount compte en effet parmi ses partenaires financiers les fonds souverains d'Arabie saoudite, d'Abou Dhabi et du Qatar.
Sa dernière proposition prévoit, entre autres, de verser 0,25 dollar par action aux actionnaires de Warner pour chaque trimestre au-delà du 31 décembre 2026 durant lequel la transaction n'est pas finalisée. Ce qui représente environ 650 millions de dollars par trimestre.
Et aussi de payer à Netflix les 2,8 milliards de dollars de pénalités en cas de résiliation de l'accord conclu en décembre.
R.AbuNasser--SF-PST