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Brigitte Macron: jusqu’à six mois de prison ferme pour ses cyberharceleurs
"Une volonté de nuire": les cyberharceleurs de Brigitte Macron, accusés d'avoir diffusé ou relayé insultes et rumeurs liées à son genre et à son écart d'âge avec le président, ont été condamnés lundi à Paris à des peines allant jusqu’à six mois de prison ferme, la plupart écopant de sursis.
Huit autres des dix prévenus ont été condamnés à des peines de quatre à huit mois de prison avec sursis pour avoir "publié ou relayé" dans des "termes malveillants, dégradants et insultants" des propos sur le genre et la "prétendue pédocriminalité" de la Première dame, a détaillé le président du tribunal Thierry Donard lors du délibéré.
La peine de six mois de prison ferme a été infligée à l'un des prévenus qui était absent à ce procès très médiatisé, les 27 et 28 octobre derniers.
Le dernier prévenu n'a lui pas été condamné à de la prison, écopant seulement d'un stage de sensibilisation et d'une amende auxquels ses neuf co-prévenus ont également été condamnés.
Les cyberharceleurs jugés les plus influents sur les réseaux sociaux, qualifiés d'"instigateurs" lors du procès par le procureur Hervé Tétier, ont été condamnés à des peines avec sursis les plus lourdes: huit mois pour l'écrivain Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan, six mois pour la médium Amandine Roy et le galeriste Bertrand Scholler.
Ils ont l'interdiction d'utiliser leurs comptes sur les réseaux sociaux pendant une durée de six mois.
"L'important sont les stages de prévention et la suspension des comptes" de certains des auteurs, a estimé Me Jean Ennochi, l'avocat de Brigitte Macron à l'issue du délibéré.
Tous devront, à leurs frais, suivre un stage de sensibilisation au "respect des personnes dans l’espace numérique" et s'acquitter d'une amende solidaire de 10.000 euros.
Seuls deux des 10 prévenus, âgées de 41 à 65 ans et originaires de tout le pays, étaient présents au délibéré.
La relation entre Emmanuel Macron, 48 ans, et sa femme Brigitte, 72 ans, rencontrée lorsqu'elle enseignait le théâtre dans son lycée, fait l'objet d'une diffusion massive de fausses informations que le couple s'est finalement décidé à combattre sur le plan judiciaire en France et aux Etats-Unis.
Absente de ce procès, Brigitte Macron avait expliqué aux enquêteurs lors de dépôt de plainte fin août 2024 que la rumeur la présentant comme une femme transgenre avait eu "un très fort retentissement" sur son entourage et sur elle-même, rapportant que ses petits-enfants entendaient dire que "leur grand-mère est un homme".
"Moi, je me bats, à longueur de temps. Je veux aider les adolescents à se battre contre le harcèlement. Mais si je ne (...) montre pas l'exemple, ça va être difficile", a indiqué dimanche soir l'épouse du chef de l'Etat lors du JT de 20H00 de TF1, à la veille du délibéré.
"On ne touchera pas à ma généalogie", "on ne joue pas avec ça", a-t-elle asséné.
Devant une salle comble, sa fille Tiphaine Auzière avait confirmé l'impact de cette infox mondiale sur la santé de sa mère, "en permanence sur le qui-vive" face à la remise en cause continuelle de son "identité".
La plupart des prévenus avaient eux exprimé leur surprise d'avoir à se justifier de posts "satiriques", invoquant la liberté d'expression ou le droit d'informer face à une vérité "cachée".
- "Devenir Brigitte" -
Sur son compte X, suspendu depuis, Zoé Sagan, 41 ans, avait qualifié les 24 ans qui séparent les époux Macron de "crime sexuel" et de "pédophilie cautionnée par l'Etat".
Amandine Roy, 51 ans, est à l'origine d'une vidéo virale de quatre heures publiée en 2021, depuis retirée, affirmant que Brigitte Macron n'aurait jamais existé et que son frère Jean-Michel aurait pris son identité après avoir changé de sexe.
Condamnée en première instance pour diffamation en septembre 2024 dans un autre procès, elle a été relaxée en appel le 10 juillet. La Première dame française, qui s'est pourvue en cassation avec son frère, avait expliqué que cette vidéo réalisée avec Natacha Rey - qui ne comparaît pas à ce procès - avait largement contribué à amplifier la rumeur.
Egalement absent de ce procès pour cyberharcèlement, le journaliste Xavier Poussard, dont le cas a finalement été disjoint car il vit à Milan, est présenté comme l'autre grand instigateur de cette infox mondiale.
Auteur du best-seller "Becoming Brigitte" ("Devenir Brigitte"), il s'est associé à l'influenceuse américaine Candace Owen contre laquelle le couple présidentiel a engagé cet été des poursuites aux Etats-Unis.
La podcasteuse conspirationniste de 36 ans a publié une série de vidéos basée sur le livre de Xavier Poussard dont la viralité a donné un écho mondial à la rumeur transphobe.
Plusieurs prévenus jugés à Paris ont relayé ses publications et notamment une couverture détournée du magazine Time présentant Mme Macron en "homme de l'année".
D.Khalil--SF-PST