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Fin de partie vendredi soir pour les chaînes C8 et NRJ12 sur la TNT
Les chaînes télé C8 et NRJ12, vingt ans d'âge, vont s'éteindre sur la TNT vendredi soir, sur une décision inédite du régulateur de l'audiovisuel, devenue enjeu politique pour la droite et l'extrême droite, au nom de la liberté d'expression.
Les fréquences sur la télévision numérique terrestre de C8 et NRJ12 n'ont pas été renouvelées par l'Arcom, régulateur indépendant.
D'autres chaînes nationales ont cessé d'émettre dans le passé, comme TV6 et La Cinq, mais dans d'autres circonstances.
L'arrêt de C8, propriété du groupe Canal+, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, a pris un tournant politique.
Marine Le Pen (RN) a encore dénoncé sur X mercredi une "censure politique, sous la pression d'une extrême gauche aux relents totalitaires affirmés et les soupçons de plus en plus lourds d'interférence du pouvoir et de ses relais administratifs".
Comme d'autres, Laurent Wauquiez (LR) a sonné la charge contre l'Arcom, "un organisme administratif qui n'a pas de légitimité démocratique". "Il y a un arrière-plan idéologique" derrière la coupure de fréquence de C8, selon lui.
Emmanuel Macron a dû, le week-end dernier, descendre dans l'arène pour expliquer que ce n'est "pas une décision politique".
Les fréquences de la TNT sont une "occupation du domaine public" et il est "donc normal qu'il y ait une autorisation", "sous le contrôle des juges", a souligné le chef de l'Etat.
"Si une majorité de responsables politiques considèrent que ces règles sont injustes, il revient au législateur de les modifier", a relevé la ministre de la Culture Rachida Dati (LR) dans le JDD.
C8 a cumulé 7,6 millions d'euros d'amende en raison des dérapages de Cyril Hanouna, aux manettes de l'émission quotidienne "Touche pas à mon poste" (TPMP). C'est l'une des motivations mises en avant par l'Arcom, qu'a validées le Conseil d'Etat le 19 février.
L'animateur va rebondir à partir de septembre dans le groupe M6, pour un talk-show en avant-soirée sur la chaîne gratuite de la TNT W9 et une émission sur Fun Radio l'après-midi.
- "Jeteurs de sort" -
Concernant NRJ12, le régulateur de l'audiovisuel a relevé des "engagements de diffusion de programmes inédits" insuffisants et des "prévisions de croissance des recettes publicitaires" trop optimistes.
Avec une part d'audience de 3,1%, C8 a été la sixième chaîne de France en janvier, selon les derniers chiffres de Médiamétrie. Quelque 400 emplois sont touchés par son arrêt, d'après ses dirigeants.
NRJ12, qui cible notamment les jeunes, a elle réalisé une part d'audience de 1%. Une centaine d'emplois seraient concernés. NRJ Group a indiqué jeudi "envisager la mise en oeuvre d'un plan de sauvegarde de l'emploi", sans le chiffrer.
D'après Jean-Paul Baudecroux, fondateur et PDG du groupe, son pôle TV se trouve fragilisé et "la cession de Chérie 25", qui en fait partie, est "une question qui va se poser", a-t-il affirmé au Figaro.
C8 et NRJ12 pourraient en théorie perdurer sur câble, satellite ou internet, mais les ressources publicitaires y sont jugées insuffisantes.
Sur la TNT, elles vont être remplacées par T18, qui sera lancée en juin par le groupe CMI France du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, et par OFTV en septembre par le groupe Ouest-France.
Pour leur dernière vendredi, les deux chaînes ont prévu de rediffuser leurs grands moments. On pourra voir Laurence Ferrari et Roselyne Bachelot dans "La grande soirée de C8" (ex-D8) ou Nabilla dans "20 ans de grandes émotions" sur NRJ12.
Et à partir de samedi 00H00, des messages seront diffusés sur leurs canaux indiquant qu'"un nouveau programme sera proposé" ultérieurement.
Avant le compte à rebours de vendredi soir, les animateurs font leurs adieux. Sur C8, Jordan de Luxe et William Leymergie ont lâché, les larmes aux yeux, que "c'est fini", quand Philippe Labro, qui avait ouvert la chaîne en 2005, a épinglé les "jeteurs de sort, Arcom de sort", sur l'air des "Copains d'abord".
Pour leur part, des militants de l'association Action Justice Climat, masqués à l'effigie de Cyril Hanouna, s'étaient rassemblés mercredi devant ses locaux de tournage, ont-ils fait savoir sur les réseaux sociaux. Ils brandissaient une banderole proclamant "Bollorisation médiatique, péril démocratique".
G.AbuOdeh--SF-PST