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La Transylvanie fière d'accueillir "son" roi Charles III
"Un grand honneur": la Transylvanie se réjouit d'accueillir à partir de samedi le roi Charles III, qui a choisi cette pittoresque région de Roumanie pour son premier voyage à l'étranger depuis le faste du couronnement.
Arrivé vendredi dans la capitale Bucarest sans son épouse Camilla, le souverain a rapidement pris la direction de ces lieux à l'atmosphère intemporelle ayant conquis son coeur il y a tout juste 25 ans.
Dan Spataru, qui officie à la mairie d'un des villages favoris de Charles, ne s'attendait pas à ce que celui-ci revienne de sitôt.
"Maintenant qu'il est roi, on pensait que les règles protocolaires ne lui permettraient pas de nous rendre visite", confie-t-il à l'AFP, touché de la venue de Charles III peu de temps après les festivités de Londres début mai.
"Par ce geste, il nous témoigne son affection", estime-t-il.
Charles III goûtera d'abord à la quiétude de sa propriété de Valea Zalanului, avant de rencontrer mardi des habitants de Viscri, à 100 km de là.
Attiré par ses quelques rues de terre, ses carrioles à chevaux et ses maisons aux couleurs vives, Charles y avait acheté sa première maison en 2006, aujourd'hui transformée en un petit musée dédié à sa passion de la botanique.
- "Lien intime" -
A chaque visite - la dernière remonte à mai 2022 -, "il se montre agréable et ouvert", raconte M. Spataru, qui ne tarit pas d'éloges. "Tel un autre homme, il se détend ici, il aime marcher dans la nature".
Ce "lien intime" avec la Roumanie, où il se sent chez lui, Charles III l'a de nouveau décrit vendredi lors d'une réception au palais présidentiel de Bucarest.
Il se targue d'être un parent éloigné d'un prince du XVe siècle connu sous le nom de Vlad l'Empaleur, qui a inspiré le personnage du comte Dracula, et il aurait, selon ses propres dires, "la Transylvanie dans le sang".
Après sa découverte de la région en 1998, cet écologiste convaincu est devenu un ardent protecteur de ces villages du coeur de la Roumanie fondés au 12e siècle par des colons saxons.
Entre les ravages du régime de l'ancien dictateur Nicolae Ceausescu et l'incurie des autorités locales dans ce pays pauvre et corrompu, nombre d'entre eux étaient condamnés à la disparition avant la mobilisation de Charles.
Plusieurs projets de réhabilitation du patrimoine ont vu le jour sous son impulsion, s'accompagnant d'un essor du tourisme.
Le roi devrait d'ailleurs profiter de sa visite à Viscri pour faire le point sur les initiatives en cours dans ce hameau de 400 âmes dominé par une église fortifiée, selon Alexandru Toader, propriétaire d'une maison d'hôtes.
- Accueil sans chichis -
Ce résident de 37 ans, qui a apposé des affichettes pour l'occasion, espère aussi obtenir le soutien du roi pour convaincre les autorités locales de bannir les voitures du village.
S'il salue la venue du souverain, M. Toader regrette le renforcement des mesures de protection. Par le passé, se souvient-il, "Charles pouvait se promener dans les rues librement ou s'aventurer dans les collines verdoyantes pour explorer toutes sortes d'espèces végétales qui ont disparu ailleurs en Europe".
Cette fois, l'ambiance est tout autre: M. Toader a dû répondre à une foule de questions des services roumains, notamment sur le profil de ses clients, nombreux en cette période de l'année.
"La sécurité a été étoffée, c'est plus formel", regrette également Dan Spataru.
Pas question pour autant de troquer la convivialité contre un accueil guindé.
"Ce sera un moment unique pour notre communauté de recevoir le roi, un signe de reconnaissance du travail effectué pendant toutes ces années", souligne Caroline Fernolend, présidente de la fondation Mihai Eminescu Trust consacrée à la protection de l'héritage transylvain et longtemps placée sous le parrainage de Charles.
Et pour répondre à cet honneur, le village a fait le pari de la simplicité: aucune grande cérémonie n'est prévue, aucune banderole n'est déployée.
"Nous n'allons pas nous pomponner, embellir les lieux, à quoi bon? La beauté est déjà là, autour de nous", sourit-elle.
D.Qudsi--SF-PST