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Donald Trump au pied du Mont Rushmore pour lancer les festivités des 250 ans
Donald Trump lance vendredi les festivités pour le 250e anniversaire des Etats-Unis par un discours avec un arrière-plan emblématique, au pied du Mont Rushmore et ses quatre visages présidentiels, où beaucoup soupçonnent qu'il aimerait voir son effigie à son tour sculptée dans la roche.
A la veille du 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, Donald Trump s'exprimera vendredi soir sous les visages de granit de quatre de ses prestigieux prédécesseurs à la présidence américaine, George Washington, Thomas Jefferson, Abraham Lincoln et Theodore Roosevelt, dans le Dakota du Sud.
Tout un symbole pour un président qui se considère lui-même comme un des plus grands et qui a tout fait pour transformer cet anniversaire des Etats-Unis en une célébration de sa propre personne.
Le jour du 4 juillet, il tiendra un meeting politique aux allures de campagne électorale sur l'immense esplanade verte du National Mall, au coeur de Washington, avant ce qu'il annonce comme le plus grand feu d'artifice au monde - 850.000 fusées.
Occuper le devant de la scène est une seconde nature pour Donald Trump, milliardaire et ex-star de télé-réalité devenu showman politique hors norme.
"Trump aime être en pleine lumière, et je pense qu'il cherche à s'y mettre", estime auprès de l'AFP Peter Loge, directeur du département médias de l'université George Washington.
- "Long discours" -
A Washington, et plus largement sur la côte est, ce 250e anniversaire des Etats-Unis se profile sous une chaleur extrême et étouffante. Environ 40°C sont annoncés samedi dans la capitale.
Des matches de la Coupe du monde de football - en particulier le huitième de finale entre la France et le Paraguay à Philadelphie samedi après-midi - devraient aussi souffrir de la touffeur.
"Il va faire environ 107°F (41°C) et je vais faire un discours vraiment long - juste pour montrer que je peux tout faire", a défié Donald Trump mercredi.
A un moment supposé d'unité nationale, l'Amérique sous Donald Trump est profondément divisée.
La cote de popularité du président républicain frôle ses plus bas niveaux, plombée par la guerre en Iran et le coût de la vie. Sa vaste offensive anti-immigration et ses tentatives d'élargir les pouvoirs présidentiels sont vivement critiquées par l'opposition démocrate.
Sa volonté d'imposer son empreinte sur les festivités des 250 ans n'est pas toujours suivie de l'effet escompté.
Une organisation liée à Donald Trump, "Freedom 250", a pris la main sur nombre d'événements phares au détriment du comité bipartisan "America 250", ce qui a conduit certains à les bouder. Sa "grande foire" organisée sur le National Mall, par exemple, brille surtout par ses visiteurs clairsemés et ses stands vides.
Mi-juin déjà, la soirée de combats de MMA organisée à la Maison Blanche, le jour de son 80e anniversaire, avait récolté de nombreuses critiques.
- "Pas aussi enthousiasmant" -
"Le 4 juillet est un vrai moment de liberté, mais pour être honnête, dans ce climat politique, pour moi, ce n'est pas aussi enthousiasmant que ça ces dernières années", reconnaît Amy Kimaara, une enseignante de 49 ans rencontrée par l'AFP à Los Angeles, maillot de "Team USA" sur le dos et noeud aux couleurs du drapeau américain dans les cheveux.
Au moment où le pays se souvient de ses deux siècles et demi d'histoire, de triomphes et de drames, d'esclavage et de liberté, de guerre civile et de guerres mondiales, un sondage de l'université Quinnipiac montre jeudi que 61% des Américains estiment que les Etats-Unis ne sont pas à la hauteur des idéaux énoncés dans la Déclaration d'indépendance de 1776.
Donald Trump se sert de plus en plus des célébrations du 250e anniversaire comme d'une tribune pour mobiliser en faveur du Parti républicain – et de lui-même – à l'approche des élections de mi-mandat, cruciales, programmées début novembre.
Les républicains craignent que l'impopularité du président leur coûte le contrôle du Congrès - ce qui pourrait exposer Donald Trump à une troisième procédure de destitution record.
"Independence day" reste néanmoins une célébration pour d'autres. "Ca a été politisé, mais ça ne change pas le fait que le 4 juillet est une grande fête pour nous tous", retient Matt Jarvis, 55 ans, entrepreneur interrogé à Los Angeles.
burs-dk-es/ph
L.Hussein--SF-PST