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L'ex-Premier ministre Deuba, soupçonné de corruption, de retour au Népal
L'ancien Premier ministre népalais Sher Bahadur Deuba, sous le coup d'un mandat d'arrêt pour blanchiment d'argent, est rentré jeudi au Népal après six mois à l'étranger pour traitement médical.
Agé de 80 ans, l'ancien dirigeant du Parti du Congrès népalais a salué les centaines de sympathisants rassemblés le long de la route de l'aéroport international Tribhuvan à Katmandou.
Début avril, la police avait délivré des mandats d'arrêt pour blanchiment d'argent contre M. Deuba et son épouse, l'ancienne ministre des Affaires étrangères, Arzu Rana Deuba.
Le porte-parole de la police népalaise, Abi Narayan Kafle, a indiqué que l'enquête visant M. Deuba était gérée par le Département d'enquête sur le blanchiment d'argent.
"Nous assurons sa sécurité à l'aéroport ainsi que lors du rassemblement organisé en son honneur, parce qu'il est un ancien Premier ministre", a déclaré M. Kafle à l'AFP.
M. Deuba, Premier ministre à cinq reprises depuis 1995, doit participer à une réunion de trois jours du Parti du Congrès népalais, qui s'ouvre vendredi. Il avait été évincé de sa présidence en janvier.
"Je reviens vers vous, après cinq mois de traitement médical, le coeur rempli de gratitude et l'esprit ouvert, prêt à accueillir les possibilités du changement", a pour sa part déclaré Sher Bahadur Deuba, dans un message publié sur le réseau social Facebook après son arrivée.
"Je rentre avec un profond sentiment de respect pour notre responsabilité nationale commune", a-t-il ajouté, affirmant qu'il n'est "pas revenu pour prendre le pouvoir, mais pour renforcer l'unité nationale".
- Emeutes de septembre -
Il était la dernière personnalité visée par le nouveau gouvernement du Premier ministre Balendra Shah, grand vainqueur des élections législatives du 5 mars, après avoir notamment promis de mettre fin à la corruption.
"Il est notre guide et un guide pour la nation", a déclaré à l'AFP, Gita Chaudhari, une sympathisante venue accueillir M. Deuba. "Nous lui sommes reconnaissants pour les libertés et les droits qu'il nous a octroyés."
M. Deuba, parti en février à l'étranger pour raisons médicales, a démenti ces accusations de corruption.
Dans un autre message publié sur les réseaux sociaux, il a nié toute implication dans ce dossier, dénonçant une "fausse propagande".
Ces mandats avaient été émis après l'arrestation d'un autre ancien chef du gouvernement, KP Sharma Oli, pour son rôle présumé dans la répression de l'insurrection qui l'avait poussé à démissionner en septembre dernier.
Au moins 76 personnes ont été tuées et plus de 2.600 blessées lors des émeutes des 8 et 9 septembre, selon le rapport d'une commission d'enquête.
La résidence de M. Deuba avait été incendiée, comme de nombreux autres bâtiments, lors de ces violences. D'importantes sommes d'argent liquide avaient été découvertes dans les décombres.
"C'est un complot, même si j'ignore qui en est à l'origine", avait-il déclaré lors de son audition.
Il avait affirmé que les vidéos circulant sur les réseaux sociaux avaient "probablement été générées par l'intelligence artificielle".
aoj/abh/juf/cn/fpp/ybl
N.Shalabi--SF-PST