Sawt Falasteen - Au Népal, l'ex-Premier ministre devant un juge, nouvelle arrestation d'un membre de l'ancien gouvernement

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Au Népal, l'ex-Premier ministre devant un juge, nouvelle arrestation d'un membre de l'ancien gouvernement
Au Népal, l'ex-Premier ministre devant un juge, nouvelle arrestation d'un membre de l'ancien gouvernement / Photo: PRAKASH MATHEMA - AFP

Au Népal, l'ex-Premier ministre devant un juge, nouvelle arrestation d'un membre de l'ancien gouvernement

L'ex-Premier ministre du Népal KP Sharma Oli a été présenté dimanche à un juge au lendemain de son arrestation dans l'enquête sur l'insurrection meurtrière qui a conduit à sa démission l'an dernier, alors qu'un autre ancien ministre de son gouvernement a été interpellé.

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Cette vague d'arrestation intervient dans la foulée de l'entrée en fonction vendredi de l'équipe gouvernementale du rappeur de 35 ans devenu maire de Katmandou Balendra Shah, grand vainqueur des législatives du 5 mars.

Samedi à l'aube, M. Oli,74 ans, et son ancien ministre de l'Intérieur Ramesh Lekhak ont été interpellés pour être interrogés sur leur responsabilité dans la répression des émeutes des 8 et 9 septembre, qui se sont soldées par la mort d'au moins 76 personnes.

Les deux hommes ont été présentés dimanche à un juge, qui doit se prononcer sur la prolongation de leur détention pour les besoins de l'enquête.

"Les auditions sont terminées par la décision n'a pas encore été rendue", a déclaré à l'AFP un porte-parole du tribunal de Katmandou, Deepak Kumar Shrestha.

M. Oli, en garde à vue dans un hôpital de la capitale en raison de son état de santé fragile, a été entendu par le magistrat en visio-conférence, selon M. Shrestha.

Ses avocats ont déjà déposé une demande de remise en liberté devant la Cour suprême qui doit l'examiner lundi, a indiqué à l'AFP un porte parole de la plus haute instance judiciaire népalaise, Arjun Prasad Koirala.

- Blanchiment -

Dans la matinée, c'est leur ancien collègue à l'Énergie, Deepak Khadka, qui a été interpellé dans le cadre d'une enquête ouverte après la découverte d'argent liquide à son domicile pendant les émeutes de septembre, a annoncé le nouveau ministre de l'Intérieur Sudan Gurung.

"Il a été arrêté ce matin dans un dossier de blanchiment d'argent", a confirmé à l'AFP un porte-parole de la police judiciaire népalaise (CIB), Shiv Kumar Shrestha, sans donner d'autre détail sur les investigations en cours.

Dans un rapport publié en intégralité dans la presse cette semaine, une commission d'enquête nommée par les autorités de transition a recommandé des poursuites pénales contre M. Oli, M. Lekhak et l'ex-chef de la police.

Au moins 76 personnes ont été tuées et plus de 2.600 blessées lors de deux jours d'émeutes de septembre, selon le bilan retenu par la commission.

Le 8, des milliers de jeunes réunis sous la bannière de la Génération Z étaient descendus dans les rues de Katmandou et d'autres villes du pays pour dénoncer le blocage des réseaux sociaux et la corruption des élites.

Au moins 20 manifestants avaient été tués par balles dans la capitale, et des dizaines d'autres blessés.

Le 9 septembre, la foule en colère avait détruit, incendié ou pillé de nombreux bâtiments publics, dont le parlement, ainsi que les domiciles privés de plusieurs dirigeants politiques, dont ceux de MM. Oli et Khadka.

- "Mauvaise décision" -

Le Parti communiste népalais (CPN-UML) de l'ancien Premier ministre a qualifié son arrestation de "vengeance" et appelé ses partisans à manifester pour exiger sa remise en liberté.

Des centaines d'entre eux se sont à nouveau réunis dimanche dans les rues de Katmandou. De brefs affrontements ont éclaté avec la police, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Le (nouveau) Premier ministre a pris une décision hâtive qui pourrait plonger le pays dans la confrontation", a regretté un partisans de M. Oli, Tejila Thapa, 44 ans. "C'est une très mauvaise décision qui doit être corrigée".

Figure majeure des manifestations de septembre, le nouveau ministre de l'Intérieur Sudan Gurung a justifié samedi le feu vert du gouvernement aux recommandations de la commission d'enquête.

"Personne n'est au-dessus de la loi (...) Ce n'est pas une vengeance contre qui que ce soit, juste le début de la justice", a-t-il commenté sur les réseaux sociaux.

Le nouveau gouvernement a par ailleurs présenté samedi un ambitieux plan de réforme de la gouvernance du pays.

Décliné en 100 mesures, il prévoit notamment la création d'une commission d'enquête sur le patrimoine des élus et des hautes fonctionnaires afin de "mettre un terme à la corruption (...) et à l'impunité".

H.Jarrar--SF-PST