-
Défense: John Cockerill mise sur un blindé développé à la vitesse de l'automobile
-
La Bourse de Paris en petite hausse, entre accord Etat-Unis/Iran et Fed plus ferme
-
Moscou frappée par une vaste attaque ukrainienne, une importante raffinerie touchée
-
Présidentielle en Colombie: salut militaire et K-pop s'invitent dans la campagne
-
Venezuela: dénonciation de mauvais traitements des prévenus au procès "PDVSA Cripto"
-
Plateforme Classés sans suite: quand des victimes dénoncent, en ligne, leurs agresseurs
-
Niger: des tirs entendus à l'aéroport de Niamey, possible attaque jihadiste
-
Fortes chaleurs: la SNCF supprime 71 trains Intercités
-
Grippe aviaire: 13.000 petits d'éléphants de mer morts sur une île australienne isolée
-
Niger: des tirs entendus à l'aéroport de Niamey
-
Renouveler la flotte: l'appel des pêcheurs à "lever les obstacles"
-
Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis
-
La Chine s'apprête à durcir les règles de concurrence autour des livraisons de repas
-
Fermer les écoles ou les laisser ouvertes malgré la chaleur: le dilemme des maires
-
Cuba restreint l'accès aux transports publics, faute de carburant
-
Avec des étés de plus en plus chauds, l'Inde apprend à s'adapter
-
Face à une crise de la presse qui s'aggrave, les syndicats tentent de mobiliser
-
Malgré les promesses, les robots humanoïdes à tout faire ne sont pas pour tout de suite
-
Palantir, ce "défenseur de l'Occident" dont les Européens se méfient
-
Les présidents américain et iranien signent un accord pour cesser les hostilités
-
Face aux attaques sur son système énergétique, l'Ukraine développe le renouvelable
-
Le réseau social W, concurrent européen de X, lance sa version publique
-
Mondial-2026: à New York, un moment suspendu pour la communauté haïtienne
-
L'un des présentateurs du "Daily Show" aimerait que Trump rende la satire moins facile
-
Déserts médicaux: Médecins Solidaires appelle les généralistes à la "mobilisation générale"
-
Cuba: le Parti communiste approuve un train de réformes vers plus d'économie de marché
-
Equateur: un chef de gang abattu dans le deuxième aéroport du pays
-
Royaume-Uni: législative partielle à haut risque pour Keir Starmer
-
La canicule s'installe, les 40 degrés en ligne de mire
-
New York célèbre ses héros des Knicks, titrés en NBA
-
Les Européens cherchent la parade face à la déferlante chinoise
-
Cuba: l'ex-président Raul Castro apporte son soutien à un train de réformes économiques
-
Mondial-2026: l'Angleterre de Kane montre ses muscles contre la Croatie (4-2)
-
Mondial-2026: Ronaldo et le Portugal patinent d'entrée
-
Wall Street recule après que la Fed évoque une hausse des taux
-
Les Etats-Unis et l'Iran dévoilent le texte de leur accord à deux jours de la signature prévue
-
Les dirigeants communistes cubains se réunissent pour impulser des réformes économiques
-
Sous Warsh, la Fed répète sa détermination à lutter contre l'inflation aux Etats-Unis
-
Mondial-2026: Le Portugal de Ronaldo piégé par la RD Congo (1-1)
-
Loi fast-fashion: accord trouvé entre députés et sénateurs
-
Canicule: Jeanbrun annonce une série de mesures pour faciliter l'adaptation des logements
-
Fed: les taux restent gelés mais un tour de vis n'est pas exclu à l'avenir
-
Ligue 1: décès d'Eric Roy, le coach qui a fait rêver Brest
-
Entassés dans un camp de fortune en Afrique du Sud, des milliers de Malawiens espèrent rentrer chez eux
-
Drones: MBDA adapte son bouclier au civil, Naval Group à l'armée de terre
-
Le Parlement adopte un texte pour relancer les investissements dans les barrages
-
Du G7 à VivaTech, la souveraineté numérique au coeur des débats
-
Sam Altman (OpenAI) au G7: "ne cédez pas vos responsabilités aux acteurs de l'IA"
-
Au G7, le revirement inattendu de Trump en faveur de l'Ukraine
-
Fortes chaleurs: de "bons réflexes" à adopter par tous, rappelle Santé publique France
Aux chantiers navals de Gdansk, les femmes sont les reines des hauteurs
Chaque matin, depuis près de trente ans, Halina Krauze s'installe dans sa cabine de grue coulissante aux chantiers navals de Gdansk, berceau historique du syndicat Solidarité.
Pendant huit heures, elle déplace des tonnes de métal destinées à devenir coques de navires ou éléments d'éoliennes. A 65 ans, elle fait partie des dizaines d'opératrices qui occupent depuis des décennies ce métier largement réservé aux femmes. Et elle n'est pas la plus âgée.
Du haut de sa grue d'une quinzaine de mètres, elle domine l'immense halle de 6.500 mètres carrés, la plus grande de ce type en Europe centrale, où s'affairent des centaines d'ouvriers en habits de travail, casques et lunettes de protection sur la tête.
Autour d'elle, le vacarme est constant, les étincelles fusent de partout, et la fumée des soudures monte aux narines.
" Environ 70% d'opérateurs de grues aux chantiers aujourd'hui sont des femmes", explique-t‑elle, une tradition héritée de l'époque communisme.
Agnieszka Pyrzanowska, une porte-parole du Groupe industriel Baltic, une société d'Etat, qui après de multiples transformations économiques a repris une partie des chantiers, confirme.
Sous l'ancien régime, "il fallait bien employer les femmes quelque part, et comme elles ne pouvaient pas faire des travaux pénibles (…) l'idée était de les intégrer aussi dans un autre type d'activité ", comme la conduite de grues.
"C'était une entreprise où travaillait des familles entières ", ajoute‑t‑elle.
- Une légende -
Mme Krauze en témoigne: elle a rencontré son mari Stanislaw sur les chantiers, et ils travaillent aujourd'hui dans la même brigade.
" Oh, il est là‑bas en haut !" lance‑t‑elle en saluant d'un geste vif la cabine qui passe.
Entrée en 1983 dans les chantiers alors nommés Vladimir Lénine, elle a travaillé d'abord dans une chaufferie à charbon, avant de devenir grutière. Elle a vécu la faillite, toutes les restructurations.
" Au début, c'était des chantiers navals, on construisait une bonne dizaine de navires par an, et maintenant on construit des dizaines de tours d'éoliennes par an, c'est autre chose", dit‑elle.
Elle est fière d'avoir travaillé avec la même grue qu'Anna Walentynowicz, figure fondatrice de Solidarité, dont le licenciement en août 1980 a déclenché la grande grève des chantiers et mené à la création du premier syndicat libre du bloc communiste.
Pour Mme Krauze, Walentynowicz "était une sorte de légende, surtout parmi la vieille génération".
D'une main sûre, suivant les gestes d'un ouvrier au sol, elle déplace une section d'éolienne de cinq mètres de diamètre et la dépose délicatement parmi d'autres fragments.
- Nostalgique -
"J'ai l'impression que les hommes préfèrent travailler avec les femmes, plus calmes et plus précises", estime‑t‑elle.
Lesia Kovaltchouk, Ukrainienne de 48 ans, réfugiée en Pologne depuis l'invasion à grande échelle de son pays par la Russie en 2022 partage ce point de vue.
"Les mecs, eux, c'est vite, vite, et les filles c'est tout en délicatesse", sourit‑elle. Elle rappelle aussi la responsabilité du métier: " En dessous de toi, il y a des gens et tu dois faire attention pour qu'il ne leur arrive rien, qu'il n'y ait pas une tragédie ".
Après une quinzaine d'années passées en Ukraine comme grutière, elle transmet désormais son savoir‑faire aux jeunes apprentis sur les chantiers de Gdansk, parmi lesquels une compatriote installée dans sa cabine dont elle suit les gestes avec attention.
"En Ukraine, c'est tout à fait normal que ce sont les femmes qui travaillent comme opératrice de grues. Personne ne s'étonne", affirme‑t‑elle.
À la veille de la Journée internationale des droits des femmes, Halina Krauze se montre nostalgique.
Elle évoque l'époque communiste où les ouvrières recevaient de petits cadeaux: "les fameux collants, des chocolats, des œillets".
Aujourd'hui, regrette‑t‑elle, "il n’y a plus rien, tous les syndicats oublient les femmes".
O.Mousa--SF-PST