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Royaume-Uni: 365 arrestations lors d'une manifestation en soutien au groupe interdit Palestine Action
Un total de 365 partisans de l'organisation Palestine Action ont été arrêtés samedi lors d'une manifestation de soutien à Londres à ce réseau propalestinien, interdit depuis début juillet et classé comme "organisation terroriste", a indiqué la police londonienne.
Cette interdiction a été jugée "disproportionnée" par l'ONU.
La police métropolitaine a annoncé avoir procédé à des centaines d'arrestations, considérées comme l'une des plus importantes jamais réalisées lors d'une seule manifestation dans la capitale britannique, pour "soutien à une organisation interdite".
Elle a également arrêté sept personnes pour d'autres infractions, notamment des agressions contre des agents, même si aucun agent n'a été grièvement blessé, a-t-elle ajouté.
La police a précisé avoir arrêté ou être "en train de le faire" toutes les personnes ayant brandi la pancarte "Je m'oppose au génocide, je soutiens Palestine Action".
Sur place, des manifestants ont brandi d'autres pancartes comme "Agir contre le génocide n'est pas un crime" ou "Free Palestine".
"C'est un impératif moral d'être ici", a déclaré à l'AFP Mathilda, qui ne souhaitait pas donner son patronyme.
La guerre dans la bande de Gaza a été déclenchée après l'attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023 qui a entraîné la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.
Les représailles israéliennes ont depuis fait au moins 61.330 morts à Gaza, majoritairement des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, jugés fiables par l'ONU.
"S'ils veulent m'arrêter, je ne m'enfuirai pas et je ne me cacherai pas", a ajouté cette septuagénaire venue spécialement de Bristol, à l'ouest de Londres, et qui était assise aux côtés d'autres manifestants avec la pancarte soutenant le groupe interdit.
- "Rien à me reprocher" -
"Qu'ils nous arrêtent tous", a renchéri Richard Bull, un londonien de 42 ans dans un fauteuil roulant. "Ce gouvernement est allé trop loin. Je n'ai rien à me reprocher."
De nombreux drapeaux palestiniens étaient visibles dans la foule, à quelques pas de laquelle étaient alignés des voitures de police, a constaté une journaliste de l'AFP.
La police avait mis en garde les participants contre les "potentielles conséquences pénales" de leurs actes.
Les personnes arrêtées n'ont pas opposé de résistance, beaucoup formant un "V" de la victoire avec leurs doigts, sous les applaudissements d'autres manifestants, a constaté une journaliste de l’AFP.
Palestine Action a été ajoutée début juillet à la liste des organisations considérées comme "terroristes" au Royaume-Uni, après des actes de vandalisme perpétrés par ses militants, notamment sur une base de l'armée de l'air.
Le groupe Defend Our Juries organise depuis des manifestations pour protester contre cette interdiction.
"Nous continuerons tant que le gouvernement tentera de faire taire ceux qui dénoncent sa complicité dans des crimes de guerre", a réagi Defend Our Juries dans un communiqué.
"Nous sommes déjà de plus en plus nombreux à nous préparer pour la prochaine vague d'actions en septembre."
- "Informations inquiétantes" -
Le gouvernement britannique affirme que les sympathisants "ne connaissent pas la vraie nature" de Palestine Action. "Ce n'est pas une organisation non violente", a assuré la ministre de l'Intérieur Yvette Cooper, disant disposer d'"informations inquiétantes" sur ses projets.
Plus de 200 partisans avaient déjà été interpellées avant la manifestation de samedi, selon Tim Crosland, un représentant de Defend Our Juries.
Trois personnes ont été inculpées en vertu de la loi antiterroriste jeudi pour avoir exprimé leur soutien au mouvement, une infraction passible de jusqu'à 6 mois de prison.
L'appartenance à un groupe interdit ou l'incitation à le soutenir peut elle valoir jusqu'à 14 ans de prison.
L'interdiction fait l'objet d'une action en justice, lancée par Huda Ammori, cofondatrice en 2020 de ce groupe qui se présentait comme un "réseau d'action directe" visant à dénoncer "la complicité britannique" avec l’État d'Israël, en particulier sur la question des ventes d'armes.
E.Aziz--SF-PST