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Colombie: une dissidence de la guérilla des Farc séquestre un groupe de militaires et policiers
Un groupe dissident des Farc a séquestré 29 policiers et militaires dans une enclave contrôlée par les guérilleros, une importante zone de culture de coca dans le sud-ouest de la Colombie.
Le ministère de la Défense a dénoncé dans un communiqué "la tentative d'homicide puis la séquestration de 29 membres des forces de l'ordre" dans le département du Cauca, dans une région montagneuse sous le contrôle des guérilleros de l'État-Major Central (EMC) qui n'ont jamais accepté l'accord de paix signé en 2016 avec la majorité de la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).
Selon le ministère, des "habitants instrumentalisés" par les guérilleros ont participé à cet enlèvement, en représailles contre le gouvernement qui exerce des pressions sur l'EMC après les tentatives infructueuses de négociations visant à obtenir leur possible désarmement.
Des vidéos diffusées par les autorités montrent un char en flammes qui s'éloigne alors qu'un groupe de personnes lui jette des pierres. Sur d'autres vidéos, on voit la police antiémeute lancer des grenades fumigènes et avancer dans une rue au milieu de coups de feu.
Les événements se sont déroulés dans les municipalités d'Argelia et d'El Tambo, une région où se trouve, selon les Nations unies, l'une des plus importantes concentrations de cultures de coca -l'ingrédient principal de la cocaïne, dont la Colombie est le premier producteur mondial.
En octobre 2024, l'armée a lancé dans cette zone une opération baptisée "Persée" dans le but de reprendre le contrôle du territoire.
Le gouvernement affirme que l'EMC est responsable des actions "menées avec cruauté" par des hommes "habillés en civil pour infiltrer et attaquer" des policiers et des militaires.
Dans un message sur X, le président de gauche Gustavo Petro a affirmé que l'EMC agit avec "désespoir et utilise donc la population civile". "Sa faiblesse militaire ne lui permet pas d'affronter l'armée", a-t-il estimé.
- "Crimes de guerre" -
Le général Carlos Fernando Triana, directeur de la police colombienne, a exigé la "libération immédiate" des forces de l'ordre en accusant l'organisation Carlos Patiño de les séquestrer.
Le front Carlos Patiño, qui opère dans cette zone, est l'une des principales structures armées rattachées à l'EMC.
L'EMC menait des négociations de paix avec le gouvernement Petro mais s'est scindé en deux factions en 2024.
La faction dirigée par un commandant se faisant appeler Ivan Mordisco opère dans le Cauca et s'est retirée des négociations en multipliant les actions violentes contre les forces de l'ordre.
L'autre faction, dirigée par un homme surnommé Calarca, poursuit les pourparlers.
Les dissidents "non seulement recrutent des mineurs par la force, mais instrumentalisent et contraignent la population civile afin de chasser les forces de sécurité et d'empêcher les institutions de l'Etat d'assurer l'accès à la santé, à l'éducation et au travail (...)", a dénoncé le ministère de la Défense.
"Ces actes constituent des crimes de guerre qui violent le droit international humanitaire et les droits humains, en déplaçant, confinant, isolant et terrorisant la population civile", a-t-il ajouté.
La Colombie traverse sa plus grave vague de violence de la dernière décennie, avec différents foyers dans le nord-est et le sud-ouest du pays.
L'escalade met en difficulté les démarches du gouvernement visant à désarmer tous les groupes armés colombiens afin de faire cesser un conflit interne qui dure depuis six décennies.
Mi-janvier, une autre guérilla, celle de l'Armée de libération nationale (ELN), a pris pour cible dans la région du Catatumbo (nord-est) des dissidents des Farc ainsi que des civils, dont plus de 50.000 ont été déplacés en quelques jours, causant la mort d'au moins 57 personnes.
Plus récemment, des attentats à l'explosif ont été enregistrés dans différentes régions du pays.
U.Shaheen--SF-PST