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Enquête sur d'éventuelles complicités dans l'attaque "terroriste" à la Nouvelle-Orléans
Les autorités américaines s'interrogent jeudi sur d'éventuelles complicités avec un ex-militaire américain "inspiré" par le groupe Etat islamique, qui a tué 15 personnes et en a blessé une trentaine d'autres en lançant son pick-up sur la foule du Nouvel An au coeur de la Nouvelle-Orléans.
Le suspect de cette attaque, que le FBI, la police fédérale, traite comme un "acte terroriste", s'appelait Shamsud-Din Jabbar, un citoyen américain du Texas de 42 ans, ancien employé dans la technologie et les ressources humaines au sein de l'armée de terre. Il avait notamment été déployé en Afghanistan.
Après avoir fait un "carnage" avec son véhicule, il a été tué dans des échanges de tirs avec la police dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier dans le quartier français ultra touristique de cette grande ville de Louisiane.
"Le FBI dirige l'enquête", a souligné jeudi matin Anne Kirkpatrick, la cheffe de la police de la Nouvelle-Orléans, ville désormais placée sous forte présence policière.
Le FBI avait affirmé mercredi que Jabbar n'avait pas agi seul. Mais "nous n'avons pas de suspects; il y a des gens que le FBI soupçonne et pour lesquels il doit décider s'ils ont été des protagonistes ou sont hors de cause", a prudemment expliqué jeudi Mme Kirkpatrick à la presse.
"Nous n'avons ni suspect, ni complice connu", a-t-elle martelé.
Selon des médias mercredi, des enquêteurs examinaient une vidéo semblant montrer trois hommes et une femme en train de poser des engins explosifs avant l'attentat. Deux de ces engins artisanaux ont été retrouvés et désamorcés.
- "Quartier français bouclé -
Jeudi, le "Vieux Carré", célébrissime "French Quarter" de la Nouvelle-Orléans aux allures de petite ville coloniale française est inondé de soleil et de la lumière typique du sud tropical des Etats-Unis.
Mais ce quartier français est bouclé par des policiers sur les dents.
Sur le lieu de l'attaque, entre Canal Street et Bourbon Street, rouverte jeudi par la police, la plupart des restaurants, bars, clubs de jazz, cabarets et lieux fréquentés par la communauté LGBTQ+ sont fermés.
Tout près, Andy Briggs s'achète des beignets avant un grand match de football américain universitaire qui a été décalé mercredi de 24 heures.
"Je ne suis pas particulièrement inquiet de la sécurité. Vu ce qu'ont dit à la presse le FBI et la police locale, je suis serein: toutes les mesures de précaution nécessaires ont été prises", lâche à l'AFP l'homme de 39 ans.
Vers 03H15 (09H15 GMT) mercredi, au volant d'un gros pick-up Ford électrique de location, Jabbar avait foncé sur la foule qui déambulait dans la nuit du réveillon. Il était "farouchement déterminé à provoquer un carnage" et "écraser le plus de personnes qu'il pouvait", avait souligné dès le matin Anne Kirkpatrick.
Le bilan provisoire est de 15 morts et d'une trentaine de blessés, dont deux policiers.
- "Effrayant" et "ignoble" -
"C'était effrayant, j'ai pleuré à chaudes larmes", a déclaré mercredi soir à l'AFP Ethan Ayersman, un touriste de 20 ans qui, de la fenêtre de son logement loué, a vu "certains des corps alignés" au sol.
Évoquant une "attaque ignoble", le président Joe Biden, qui rendra les clés de la Maison Blanche à Donald Trump le 20 janvier dans un climat politique ultra tendu, s'est brièvement adressé à la Nation mercredi soir.
Il a révélé que le suspect avait "publié sur les réseaux sociaux des vidéos indiquant qu'il était inspiré par l'Etat islamique" et qu'il avait un "désir de tuer".
Shamsud-Din Jabbar a servi dans l'armée de terre de 2007 à 2015, dont une année en Afghanistan en 2009, et a été démobilisé au grade de sergent-chef, selon le Pentagone.
Son frère Abdur Jabbar a dit de lui dans le New York Times qu'il était "un amour", né à Beaumont eu Texas, qu'il s'était converti jeune à l'islam, et avait certainement connu ensuite "une forme de radicalisation".
Le FBI avait affirmé dès mercredi qu'"un drapeau (du groupe jihadiste) EI se trouvait dans son véhicule".
D'après Joe Biden, les enquêteurs s'interrogent aussi sur un lien entre l'attaque à la Nouvelle-Orléans et l'explosion mercredi d'une Tesla Cybertruck devant un hôtel Trump de Las Vegas qui a fait un mort.
Les véhicules Ford et Tesla avaient été loués sur l'application de partage entre particuliers Turo, laquelle coopère avec la police.
Mais pour la police de Las Vegas, il s'agit a priori d'une "coïncidence".
Le président élu Donald Trump, qui a fait campagne sur la dénonciation de l'immigration illégale, avait fait le lien, sans attendre, avec les millions de clandestins aux Etats-Unis.
Il a repris la même antienne jeudi en dénonçant la "vermine violente" qui s'est "infiltrée" partout aux Etats-Unis grâce, selon lui, à la politique de "frontières ouvertes" de Joe Biden.
burs-nr/cyb
L.AbuTayeh--SF-PST