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Iran: l'incertitude persiste pour le président Raïssi après un accident d'hélicoptère
D'intenses recherches se poursuivaient dimanche soir dans le nord-ouest de l'Iran pour retrouver l'hélicoptère transportant le président Ebrahim Raïssi qui a été victime d'un "accident", selon des responsables et des médias officiels.
La perspective de découvrir vivant le président de 63 ans, élu en 2021, diminuait en milieu de soirée en l'absence d'informations sur le sort de l'hélicoptère qui a disparu en début d'après-midi.
La principale autorité de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, a appelé les Iraniens à "prier" et "espérer que Dieu ramènera le président et ses compagnons dans les bras de la Nation".
"Le peuple iranien ne devrait pas s'inquiéter, il n'y aura pas de perturbation dans l'administration du pays", a-t-il ajouté.
L'évolution de la situation était suivie avec attention à l'international, notamment aux Etats-Unis, alors que l'Iran est un acteur majeur au Moyen-Orient, une région secouée par la guerre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas.
"Nous suivons de près les informations faisant état d'un possible atterrissage brutal d'un hélicoptère transportant le président et le ministre iranien des Affaires étrangères", a indiqué un porte-parole de la diplomatie à Washington.
Les recherches étaient rendues très difficiles par les "conditions météorologiques défavorables", a indiqué le ministre de l'Intérieur Ahmed Vahidi à la télévision d'Etat, en évoquant un "atterrissage brutal" de l'appareil sans donner de détails.
L'Union européenne a annoncé dimanche avoir activé, à la demande de l'Iran, "le service de cartographie de réponse rapide CopernicusEMS" pour épauler Téhéran dans cette mission.
Le président Raïssi se trouvait à bord de l'appareil en compagnie du ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, du gouverneur de la province et du principal imam de la région, selon l'agence Irna.
L'appareil, un Bell 212, faisait partie d'un convoi de trois hélicoptères transportant la délégation présidentielle, dont deux ont atterri sans encombre à Tabriz, la grande ville du nord-ouest, d'où M. Raïssi devait rejoindre Téhéran.
La télévision d'État a diffusé dans la soirée des images de fidèles en train de prier pour la santé du président dans plusieurs mosquées, dont celle de la ville sainte de Mashhad (nord-est).
Elle montrait aussi des images de plusieurs membres du Croissant-Rouge iranien marchant dans un épais brouillard dans la zone de recherches avant la tombée de la nuit.
"Plus de 20 équipes de secours dotées d'un équipement complet, notamment de drones et de chiens de sauvetage", avaient "été envoyées sur place", selon Irna.
Des membres du gouvernement ont rejoint Tabriz, selon le porte-parole du gouvernement. C'est le premier vice-président, Mohammad Mokhber, qui prendrait les fonctions de président en cas de décès de M. Raïssi, en attendant la tenue d'une élection présidentielle dans les 50 jours.
- Avec le président de l'Azerbaïdjan -
M. Raïssi s'est rendu dimanche dans la province de l'Azerbaïdjan orientale, où il a notamment inauguré un barrage en compagnie du président de l'Azerbaïdjan, Ilham Aliev, à la frontière entre les deux pays.
Au cours d'une conférence de presse commune, il a de nouveau apporté son soutien au Hamas face à Israël. "Nous pensons que la Palestine est la première question du monde musulman, et nous sommes convaincus que les peuples d'Iran et d'Azerbaïdjan soutiennent toujours les peuples de Palestine et de Gaza et détestent le régime sioniste", a-t-il déclaré.
L'Iran a lancé une attaque inédite le 13 avril contre Israël, avec 350 drones et missiles, dont la plupart ont été interceptés avec l'aide des Etats-Unis et de plusieurs autres pays alliés.
M. Raïssi, qui a le titre d'ayatollah, est président de la République islamique depuis près de trois ans.
Considéré comme un ultraconservateur, il avait été élu le 18 juin 2021 dès le premier tour d'un scrutin marqué par une abstention record pour une présidentielle et l'absence de concurrents de poids.
Toujours coiffé de son turban noir et vêtu d'un long manteau de religieux, il avait succédé au modéré Hassan Rohani, qui l'avait battu à la présidentielle de 2017 et ne pouvait plus se représenter après deux mandats consécutifs.
M. Raïssi est sorti renforcé à l'issue des législatives qui se sont tenues en mars, premier scrutin national depuis le mouvement de contestation qui a secoué l'Iran fin 2022 à la suite du décès de Mahsa Amini, une jeune femme arrêtée pour non-respect du code vestimentaire strict de la République islamique.
Le président iranien s'était alors félicité d'"un nouvel échec historique infligé aux ennemis de l'Iran après les émeutes" de 2022.
Né en novembre 1960 dans la ville sainte chiite de Machhad (nord-est), M. Raïssi a effectué l'essentiel de sa carrière dans le système judiciaire, en étant notamment procureur général de Téhéran puis procureur général du pays.
M. Raïssi figure sur la liste noire américaine des responsables iraniens sanctionnés par Washington pour "complicité de graves violations des droits humains", des accusations balayées comme nulles et non avenues par les autorités de Téhéran.
Agé de 60 ans, Hossein Amir-Abdollahian a été nommé à la tête de la diplomatie iranienne par le président Raïssi en juillet 2021.
Farouche soutien des groupes pro-Iran au Moyen-Orient, ce diplomate a été proche du puissant général Qassem Soleimani, le chef de la force Qods des Gardiens de la Révolution tué en Irak en 2020 par une frappe américaine.
S.Abdullah--SF-PST