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Incendies à Hawaï: ce que l'on sait du feu qui a fait un carnage sur l'île de Maui
Hawaï compte encore ses morts après plusieurs incendies fulgurants, dont l'un a réduit en cendres une ville historique de l'île de Maui et risque de devenir la pire catastrophe naturelle de l'histoire récente de l'archipel américain.
Voici ce que l'on sait sur ce feu qui a pris de nombreux habitants par surprise.
- Comment les incendies ont-ils démarré ? -
Une grande partie de l'archipel d'Hawaï était en alerte rouge incendie lorsque de multiples feux ont débuté mardi, mais leur cause reste encore inconnue.
Les autorités "n'ont pas été capables de déterminer ce qui a déclenché les incendies", a expliqué mercredi soir le major général Kenneth Hara, responsable de l'armée américaine à Hawaï. Une enquête a été ouverte.
Les premières flammes autour de la ville historique de Lahaina, qui a été presque complètement détruite, sont apparues aux aurores mardi.
Un "feu de broussailles" a été signalé "à 6h37", selon le comté de Maui. Il a initialement été déclaré "100% maîtrisé peu après 9h", mais dans l'après-midi, une reprise du feu a été annoncée.
D'autres incendies étaient alors en cours ailleurs sur Maui et les flammes ont progressé très vite. La population de Lahaina a été prise de cours: une centaine de personnes s'est jetée à la mer pour échapper au brasier, selon les garde-côtes.
- Une mauvaise gestion de crise ? -
L'incendie de Lahaina a fait au moins 55 morts, ce qui en fait déjà l'une des pires catastrophes naturelles connues par Hawaï depuis les années 60. Et le bilan va probablement encore s'alourdir.
Les habitants sont encore abasourdis par la rapidité du désastre.
"On a vu la fumée de loin. Le temps qu'on rentre, en une ou deux minutes, la fumée noire s'infiltrait dans la maison", a raconté à l'AFP Saraí Cruz. "Il fallait se dépêcher, on a pris ce qu'on a pu, les choses importantes. On a pris la voiture, on voyait les flammes chez les voisins, leur maison brûlait déjà."
L'ancienne capitale du royaume d'Hawaï ressemble désormais à un champ de ruines calcinées: Lahaina est à "80%" détruite, selon le gouverneur de l'archipel, Josh Green.
Des questions commencent à émerger sur la gestion des autorités. Selon plusieurs habitants cités par les médias américains, les sirènes qui doivent retentir en cas de séisme, de tsunami ou d'incendie n'ont pas été activées.
- Comment expliquer la vitesse du feu ? -
Les flammes ont été nourries par un cocktail de conditions dévastatrices.
Elles ont été attisées par des vents forts, qui ont dépassé les 100 km/h, selon les services météorologiques américains (NWS). Ils ont notamment été alimentés par Dora, un ouragan de catégorie 4, soufflant à plusieurs centaines de kilomètres au sud dans les eaux de l'océan Pacifique.
La topographie de Maui, une île qui compte deux volcans et plusieurs montagnes en son centre, avec une côte plutôt plate, a également joué un rôle.
Les rafales venues de l'océan se sont transformées en "vents descendants" qui "ont été poussés sur les pentes de l'île vers la ville", explique Thomas Smith, professeur de géographie environnementale à la London School of Economics.
Ces vents descendants sont typiquement "secs et chauds", ce qui réduit l'humidité de la végétation et rend les incendies "plus extrêmes".
La région elle-même était prête à s'embraser, pour deux raisons.
D'abord à cause d'une année moins pluvieuse que d'habitude. La partie ouest de Maui, là où se trouve Lahaina, subit une sécheresse "sévère" à "modérée", selon le US Drought Monitor.
Ensuite, à cause du déclin de l'agriculture sur l'île depuis les années 90, selon Clay Trauernicht, spécialiste des incendies à l'université d'Hawaï.
Les champs autrefois bien entretenus, qui auraient pu ralentir le feu, ont été remplacés par de "vastes étendues de plantes non locales, laissées à l'abandon", a-t-il souligné sur Twitter.
- Le changement climatique a-t-il pesé ? -
S'il est toujours difficile d'attribuer un événement particulier au changement climatique, les scientifiques rappellent régulièrement que le réchauffement de la planète augmente la fréquence des événements extrêmes.
Le monde vient ainsi de connaître son mois de juillet le plus chaud jamais enregistré.
"Le changement climatique entraîne partout un réchauffement de l'atmosphère, (...) de sorte que le même incendie qui aurait été modéré il y a quelques décennies sera plus intense aujourd'hui", résume Yadvinder Malhi, professeur de science des écosystèmes à l'université d'Oxford.
I.Matar--SF-PST