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Trump, prévenu très spécial pour un tribunal de Washington
Installé non loin du Capitole que ses partisans avaient attaqué une sombre journée de janvier 2021, le tribunal fédéral de Washington où est attendu Donald Trump est ceinturé jeudi de barrières métalliques et d'une nuée de journalistes qui attendent fébrilement depuis des heures cette comparution historique.
Derrière les imposants murs de pierre de la bâtisse, le silence dans les longs couloirs de marbre qui conduisent à la salle d'audience N°22 n'est interrompu que par l'écho des pas des agents de sécurité qui patrouillent.
C'est là qu'à 16H00 (20H00 GMT), la juge Moxila Upadhyaya va entendre Donald Trump pour sa première apparition devant un magistrat dans la dernière affaire pour laquelle l'ancien président a été inculpé, sa tentative de renversement du résultat de l'élection de 2020.
Avec déjà deux audiences similaires à New York et Miami, une même chorégraphie est attendue: au terme d'un voyage depuis l'Etat du New Jersey, suivi en direct par les hélicoptères des télévisions américaines, le convoi de Donald Trump, formé d'imposantes voitures noires, entrera dans le tribunal.
De l'intérieur, aucune image alors ne sortira, et il n'est pas attendu que Donald Trump s'exprime en longueur devant la juge. Il devrait simplement plaider non coupable des charges le visant. A la suite de ces courtes minutes d'une audience très procédurale, il sortira alors du tribunal, puis rentra dans son domaine du New Jersey, toujours suivi en direct par les télévisions. Peut-être prendra-t-il la parole en chemin.
- "Sorte de spectacle" -
En attendant, dans deux salles du tribunal, la centaine de journalistes accrédités – dont certains ont passé la nuit à faire la queue pour s'assurer d'une place – travaillent frénétiquement sur leurs ordinateurs portables. Les tasses de café en carton s'accumulent.
Derrière les fenêtres du tribunal fédéral et de cette tranquillité bien temporaire, des dizaines, voire des centaines de journalistes et équipes de télévision font le pied de grue pour raconter cette tempête judiciaire inédite: un ancien président américain accusé de "complot visant les Etats-Unis".
De nombreux policiers fédéraux et municipaux patrouillent sur les trottoirs, certains avec des chiens renifleurs.
Les cars-régie avec leur antenne satellite sont garés derrière les caméras, quelques curieux et manifestants sont aussi là, dont un qui agite un immense drapeau "Trump 2024" devant l'entrée du tribunal.
Sous un ciel nuageux, les passants sont en réalité surtout des touristes visitant la capitale fédérale. Tom Kerr, touriste de 78 ans venu du Massachusetts, s'amuse de tous ces journalistes, y voit une "sorte de spectacle".
Venu avec son père du Texas, Liam, 12 ans, compte lui "voir le convoi de Trump et tout ça", et espère que "la justice l'emporte" dans cette affaire.
Et Camille Decont, jeune étudiante française en voyage dans la capitale, est "impressionnée". "Le dossier Trump, c'est une affaire mondiale, on suit ça en France !", ajoute son père, François Paolini.
Y.AlMasri--SF-PST